Quand Di Rupo s'exprime
vendredi 23 décembre 2011 à 07h16
Lors d'une conférence de presse à Liège, le Premier ministre a exprimé toute sa compassion pour les victimes d'un bain de sang dû à un aliéné mental. Ce qui est curieux, c'est qu'il a d'abord pris la parole en néerlandais. Mais était-ce nécessaire ?

Yves Desmet
Il est vrai que sa connaissance du néerlandais est un point sensible au Nord. Et pas seulement dans les rangs des extrémistes flamingants. Pratiquement tous les Flamands s'en réjouissent sincèrement si des ministres originaires du sud du royaume savent parler convenablement la langue de la majorité de la population belge. Comme nous trouvons normal que nos politiques flamands appelés à occuper les plus hauts postes au sommet de l'Etat soient aptes à s'adresser en un français décent à leurs compatriotes formant la minorité du pays. Il en fut toujours ainsi : les cinq derniers Premiers ministres flamands étaient capables de se débrouiller plus qu'honorablement en français. Il est donc logique que des efforts semblables soient également consentis en sens inverse.
Une prononciation et une maîtrise parfaites de tout le vocabulaire ne sont même pas exigées. L'anglais de Jean-Luc Dehaene était approximatif, mais il se donnait de la peine pour le parler. Il n'en faut pas davantage. Il s'agit avant toute chose de témoigner du respect vis-à-vis d'autrui. Une large majorité de l'opinion publique en Flandre est toute disposée à s'en satisfaire. Une minorité seulement s'en prend à la connaissance défaillante d'Elio Di Rupo en néerlandais avec des arrière-pensées politiques.
Or Di Rupo semble croire qu'il devra surtout rendre des comptes dans le domaine de la langue. Rien que cette idée le crispe un peu. Or aucun Flamand, même pas le plus enragé des membres du Vlaams Belang, n'en aurait voulu au Premier ministre si, dans un moment de vive émotion, il avait réagi d'abord dans la langue officielle de la Région, dans une ville qui venait de vivre un profond déchirement existentiel. Nulle personne sensée n'aurait eu rien à y redire s'il s'était exprimé exclusivement en français. Les grands chagrins et les manifestations de sympathie se traduisent le mieux dans la langue d'origine d'un locuteur et dans la langue du lieu où une catastrophe vient de surgir, pas dans la langue liée à la fonction qu'on assume.
Yves Desmet Editorialiste au Morgen
Réactions
ik kan echt niet meer benadrukken dat ik hier steeds hetzelfde lees : nooit akkoord met het noorden en geen enkel respect voor de Nederlandse taal. Uiteindelijk zal je toch moeten buigen en spelen met jullie eigen centen. Geen respect voor ons ? geen centen ! het Nederlands is te min ; trek dan zelf uw plan. Wij doen het zeker met kennis van het Nederlands, het Fran, het Engels én het Duits. Goede avond en een vriendelijke Vlaamse groet vanuit het Noorden.
Ailleurs dans le monde, on ironise sur les carences en anglais de certains hommes politiques de premier plan. Jamais sur leurs insuffisances en néerlandais. Cherchez l'erreur.
Si il s'applique de la même manière qu'il n'a pas nettoyé les cadres de son parti des "parvenus" qui continuent à illustrer l'actualité avec la régularité d'un métronome, cela risque de durer longtemps avant de devenir bilingue... Courage "camarade" socialiste, qui ne fait aucune concertation sociale avant de changer la donne des pensions...
Ce qui m'effraie dans ce texte du rédac'chef du "Morgen", c'est qu'il en profite pour asséner quelques présupposés que rien ne confirme: la suprématie numérique des néerlandophones sur celle des francophones. La langue utilisée par Di Rupo n'est qu'un prétexte. C'est vrai qu'on peut se demander pourquoi il parle flamand dans une région unilingue francophone et, sans doute, plus germanophone que néerlandophone: la proximité des Pays-Bas peut-être, auxquels ont ne veut faire nulle peine, même légère ?
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