Pensions : la vraie réforme après 2014
vendredi 06 janvier 2012 à 07h16
SI, DANS NOTRE PAYS, ON TOUCHE AUX PENSIONS, C'EST toujours la petite guerre. Verhofstadt en a fait l'expérience quand il a lancé le pacte des générations.

Luc Van Der Kelen - Editorialiste au Laatste Nieuws
A l'époque, le monde était déjà trop petit pour les syndicats. Le nouveau gouvernement nous sert maintenant le pacte des générations II. Pour les syndicats, il s'agit presque d'une déclaration d'hostilités. Encore heureux qu'un ministre libéral est chargé de la besogne, et pas le plus sympathique qui soit, Quick. Une aubaine pour les syndicats, et d'abord pour la FGTB. Ainsi peuvent-ils manifester ouvertement en faisant semblant qu'ils ne dirigent pas leurs flèches contre Di Rupo. Il y a des jésuites partout. La réforme à la Quick est importante de par sa seule existence. Les syndicats pourront y faire apporter, ci et là, des modifications. Mais les grandes lignes resteront debout. Toutefois, la vraie réforme se fera après 2014. Pas moyen d'y échapper. Les tabous disparaîtront comme neige au soleil. En Belgique, l'égalité des citoyens en matière de pension reste encore à inventer.
Prenons l'exemple d'une de mes bonnes connaissances. Elle a pris sa retraite en avril après une carrière comme temporaire et contractuelle dans l'enseignement et dans des cabinets ministériels. La Tour du Midi lui offrait 865 euros par mois. Puis le syndicat est intervenu in extremis pour lui assurer sa nomination. Sa pension a été recalculée. Toutes les années de sa carrière étaient désormais comptabilisées comme si elle avait travaillé dans le service public. Le montant a doublé : 1 600 euros brut au lieu de 865. Voilà où nous mène notre système des pensions. Vous trouvez ça normal ? 865 euros pour une femme après une carrière de 32 ans, à plein temps et à temps partiel. Si vous êtes seul, vous mourez de faim, ou à peu près. Alors que le fonctionnaire obtient 1 600 euros pour les mêmes prestations. Et ne parlons pas des indépendants. Combien recevraient-ils après pareille carrière ? La moitié de ces 865 euros ? Les CPAS paient mieux.
Comment se fait-il que tel secteur peut arracher ce que tel autre ne réussit pas à engranger ? Est-ce la conséquence de notre corporatisme syndical ? Un secteur puissant, à fort taux de syndicalisation, garantit une retraite confortable. Alors que, pour les travailleurs ressortissant à la commission paritaire auxiliaire des employés, le montant est ridiculement bas. Trouvez-vous que le gouvernement ne doit pas y mettre un peu d'ordre ? Il a aussi le sacré devoir de nous obliger à travailler beaucoup plus longtemps - j'ai 63 ans et je n'ai aucune envie d'arrêter dans deux ans. En échange, une meilleure pension nous attendra. Tous plus égaux. Voilà la bonne voie à suivre, non ?
Luc Van der Kelen, éditorialiste au Laatste Nieuws
Réactions
L'artiicle de Monsieur VAN DER KELEN n'est pas objectif et est populiste. Il tend, sans oser le dire, à stigmatiser les pensions des agents des services publics. 1 C'est taire qu'il est normal que ll'Etat et les pouvoirs publics, comme de nombreux employeurs du privé, assurent une pension complémentaire aux personnes qui ont travaillé à leur service. L'Etat et plusieurs pouvoirs étant leur propre assureur, au lieu de souscrire une assurance auprès d'une compagnie privée, iils assurent eux même directement le paiement du complément de pension. La pension des services publics englobe les deux premiers piliers des pensions. C'est ce qui explique et justifie la différence des pensions du secteur public et de celles du secteur privé. 2 Ce qui est scandaleux dans le cas rapporté, c'est qu'une personne qui ne s'est pas soumise aux conditions de recrutement et de carrière imposées aux agents statutaires, obtienne en fin de carrière, par l'appui d'un syndicat, d'être assimilée à un agent recruté régulièrement. La pension est la suite d'une carrière; c'est facile lorsqu'on arrive à la fin d'une carrière de vouloir rebattre les cartes pour choisir alors la meilleure solution de pension.
tres bien, mais ce qui est encore plus anormal c'est qu un enfant étranger touche 45 euros d'allocations familiales en plus qu 'un belge. Et que la maman de ma voisine qui n'a jamais vécu en Belgique a fait la file a la tour des pensions (comme tous les jours par centaines) pour toucher bientôt une pension de plus de 1100 euros par mois plus soins de santé etc...Qu on ne me parle plus de justice sociale dans ce pays et vite que les flamands prennent les rennes du pays, ils sont à mon avis beaucoup plus compétents.De tout cela les medias ne parlent jamais on a bien compris pourquoi. Bonne année
C'est le bon sens même. Mais à mon humble avis, la seule manière de résoudre vraiment le problème des pensions, équitablement et dans la transparence est de distinguer clairement entre la solidarité et l'épargne personnelle. La solidarité relève de l'impôt. Il est normal que la collectivité accorde un revenu de base, en tout cas à partir d'un certain âge, au même titre qu'on accorde des allocations familiales en dessous d'un certain âge (ce qui est anormal c'est d'ailleurs que ces dernières demeurent financées par des cotisations qui créent une inégalité entre les enfants d'indépendants et ceux des salariés. Cela peut se corriger en fiscalisant cette partie de la Sécurité sociale). Naturellement chacun serait libre de compléter cette allocation par une retraite complémentaire financée par son épargne. Afin d’assurer la transition à partir du système actuel, il faudra tenir compte de la somme cumulative des cotisations versées et pour assurer aux pensionnés la même sécurité qu’aujourd’hui, mettre en place une caisse autonome garantie par l’Etat chargée de payer ces compléments.
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