Echec interdit
vendredi 27 août 2010 à 01h00
C'est ce jour-là que les vannes, déjà en piteux état, ont cédé. Mais dans les profondeurs. En surface, pas de grand bouleversement notoire, croyait-on au Sud. Juste du remue-ménage, de l'agitation fébrile teintée de stupéfaction. Des commentaires assourdissants, du bruit. Ainsi, les urnes avaient, le 13 juin dernier, consacré le triomphe, en Flandre, d'un parti nationaliste.

Christine Laurent - Rédactrice en chef du Vif/L'Express
Fâcheux, pas nécessairement de bon augure, mais le pays n'en avait-il pas vu d'autres ? Nul doute qu'une fois encore la créativité et l'extraordinaire imagination, teintée de pragmatisme, de nos politiciens allaient nous sortir de ce mauvais pas. Même si elle semblait peu fréquentable, les francophones ne bouderaient pas la N-VA. Avec une touchante naïveté, ils affirmaient même vouloir donner, eux aussi, le tempo ! Pas touche à Bruxelles, solidarité, refinancement, un zeste de régionalisation... Ils daignaient se mettre autour d'une table... mais autour d'un programme light. Patatras ! Sept semaines plus tard, c'est bien la N-VA qui nous mène par le bout du nez. Et Bart De Wever qui fait la pluie et le beau temps.
Pourtant, il se démène, Elio Di Rupo, il ne ménage pas sa peine pour ne pas se mettre hors jeu, élargissant même, jour après jour, un périmètre de plus en plus flottant. Jamais assez ! Bart De Wever, énigmatique, menace, exige, martèle, multiplie les pièges, joue au poker.
Exigences flamandes, concessions francophones, l'air est connu. Depuis le début des négociations, le raz de marée nationaliste semble paralyser toute tentative d'accommodements raisonnables. Ce mardi encore, on craignait le pire. Les discussions âpres autour de la loi de financement pouvaient entraîner le naufrage tant redouté. Miraculeusement, il n'en sera rien. Di Rupo a réussi, en effet, un spectaculaire redressement de dernière minute, permettant au frêle esquif qui regroupe les sept partis de la préformation de mettre le cap sur BHV, un autre dossier à haut risque.
Echec interdit ! Arrivés au milieu du gué, les négociateurs, tous mouillés désormais, sont condamnés à avancer. Avec un pays sur le fil du rasoir, le temps presse. Des discussions qui s'éternisent, et c'est, aussi, l'image de la N-VA qui en prend un coup. Mais face à la complexité et à la densité des défis, où se nichent les ajustements win-win tant espérés ?
Fausse pause, dramatisation, fuites, pressions maximales, le moment est bien hyper-délicat. Les ultras de la N-VA (le fameux groupe Stratego) se dévoileront-ils bientôt ? Veulent-ils un accord honorable pour tous ou, au contraire, multiplier encore les obstacles ? Jusqu'où, le désossement du fédéral ? Jusqu'où, le recul, à contrecœur, des francophones enfin dégrisés ?
Money, money, le nerf de la guerre et la clé du destin du parti de M. De Wever. Chacun pour soi, le mouvement est en marche, impossible à endiguer. Un défi pour les francophones condamnés à résister et à trouver, à chaque fois, une nouvelle parade pour sauver ce qui peut l'être. Un duo-duel serré, aiguisé si ce n'est tranchant, dans lequel l'attaquant, à savoir la N-VA, a systématiquement l'avantage. Il n'empêche, plus les négociations avancent, plus le parti nationaliste doit, aussi, faire des compromis. Ce qui l'obligera, à terme, à s'engager davantage encore. Aujourd'hui, on imagine mal qu'il ne participe pas à un gouvernement chargé d'appliquer cette sixième réforme de l'Etat au cœur de ses revendications. Quant aux francophones, ils ont bel et bien perdu toutes leurs illusions. Déjà, le pays a profondément changé. Balayées, les réformettes proposées lors de la campagne électorale ! Pis, carrément et définitivement enterrées.
Christine Laurent
Réactions
@Bruxellois Merci d'apporter de l'argumentation, je n'avais même pas pensé à ça. Comme quoi presque toutes les nations ont des choses à se reprocher. Ma femme est bruxelloise bien plus que moi puisque elle est issue des Marolles et ce depuis aussi loin que l'on puisse remonter: çàd 5 siècles. Elle est scandalisée par l'atitude des wallons et flamands à propos de Bruxelles. Elle me dit que la rue de Flandre est bien la preuve que Bruxelles existait et faisait déjà la part des choses, pourquoi donc nommer 'rue de Flandre' une route comerciale vers la Flandre ,à l'époque, si Bruxelles était bien flamande comme le prétendent les flamands? -1200 Entre 1150 et 1267, Bruxelles s’entoure d’une première enceinte : les Marolles en sont exclues car ces murailles servent moins à défendre la ville contre les ennemis extérieurs qu’à maintenir à l’écart les artisans ou les pauvres prompts à la révolte. Le soir, au son de la cloche qui annonce la fermeture des portes, ouvriers, mendiants ou exclus doivent quitter les lieux… D’où le nom de clochards qui y trouve son sens originel. Les « rejetés », tout au long des 14ème et 15ème siècle, fomentent des émeutes répétées. Les Marolliens, tisserands et autres, se révoltent et réclament des droits politiques..... Nous en sommes toujours à réclâmer des droits face aux envahisseurs flamands et wallons qui en plus osent prétendre que Bruxelles est à eux! -1600 Les Marolles qui portent définitivement ce nom à cause des ouvriers du Hainaut. Ce serait d’ailleurs un mélange de wallon, de flamand, d’espagnol et de yiddish qui aurait donné naissance au langage marollien dit bargoensche, aujourd’hui, encore parlé par quelques anciens En relisant un tas de sources historiques, les bruxellois ont toujours été repoussés dans des conditions de pauvreté pendant et exclus de la vie politique et les flamands n'y sont pas pour rien, encore aujourdh'ui! Vivre Bruxelles LIBRE!
@Hary 1965. Bravo. N'oubliez pourtant pas la guerre des Boers Flamands et Hollandais, massacre des africains et APARTHEID.
@Hary 1965. Bravo. Vous avez pourtant oublié de parler des "Boers", Flamands et Hollandais qui ont massacré les noirs d'Afrique du Sud et ont créé l'APARTHEID. et vous n'avez pas mentionné, non plus les malversations dans les anciennes colonies asi
Où est-ce que vous avez trouvé que les francs sont les ancêtres des flamands plus particulièrement. Ils le sont, mais sont aussi les ancêtres d'une bonne partie des français, des hollandais et des allemands...Vous voulez accabler uniquement les français de pillages, des conquêtes sanglantes etc. Les romains,, les francs, les germains, aucun n'est arrivé ici pacifiquement. C'est à partir de l'existence de la poudre à canon que les guerres s'étendent à toute l'Europe et à d'autres continents. Dans ce sens nombreux pays y ont participé: la France, l'Autriche & Allemagne (Prusse), l'Italie, La Russie, etc. Pourquoi vous arrêtez-vous à la France? Parce que Napoléon a gagné des batailles et réalisé un Empire? La manière a été, au fil des siècle, toujours la même pour TOUS les conquérants: batailles sanglantes, pillages, viols, massacres de populations etc. Nous avons, en Europe, subit presque toutes les grandes guerres. Je ne crois pas connaitre de peuple européen de l'ouest qui est à ce point rancunier d'une invasion en particulier si ce ne sont les flamands. On peut très bien tous en vouloir à tel ou tel conquérant....Mais voilà on ne vit pas dans le passé mais dans l'avenir. Si non on arrêterait pas de s'entretuer jusqu'au dernier. La civilisation c'est çà: un assemblage de peuples qui a su oublier les rancunes du passé pour progresser dans l'intérêt collectif et pour le meilleur possible. Si c'est avoir une identité flamande reconnue internationalement parce que vous la mérité autant qu'un français, ou qu'un allemand etc ..OUI, là je comprends mieux ce besoin d'identité. Mais à l'heure actuellement est-il utile de le faire avec rancune et séparatisme? La problématique c'est que cette prise d'identité avec le but de créer une nation flamande; est occupée à se faire sur base de rancunes ce qui marquera votre histoire à jamais, tant dans l'esprit de tous les européens de notre temps que dans celui des générations futures. Nous lirons dans les livres d'histoire: La Flandre: nation, fondée en septembre 2012, en reniant la constitution belge, sur base de rancunes, envers les populations francophones, dues à des conquêtes françaises 3 siècles plus tôt, à savoir que ces francophones les ont également subit, et parce qu'elle estimait que ces populations vivaient a son crochet depuis 1 siècle oubliant ainsi qu'elle fut aidée par ces mêmes populations pendant 1 siècle aussi. Également pour des raisons de linguistique et de culture la Flandre réclamât son indépendance arguant que la riche Flandre était en danger face à ces pauvres francophones dénués de tout courage, fainéants et pauvres. Et là il est clair que tout le monde va comprendre autrement que ce que vous croyez. Parce que à travers l'histoire de l'Europe ce sera la première fois qu'un peuple pauvre, fainéant et arrogant aura obligé (dans la tête du flamand) un autre peuple, riche courageux et cultivé à se séparer et à constituer une nation. Voilà ce qu'il restera de votre histoire. Il y a certainement le moyen de tourner l'histoire autrement, ce moyen c'est à BART de le trouver et non aux francophones qui ne font que soumettre des possibilités pendant que les flamands n'en proposent aucune si ce n'est un NEEEEEEE dans le seul but de séparatisme, ce qui reviendra à fonder une histoire flamande peu reluisante du 21 ième siècle. Le peuple flamand si courageux, intelligent etc ...prétextant que les francophones refusèrent toutes propositions flamandes non amiables .... Pour moi ok, faites une nation flamande sans prendre vos responsabilités constitutionnelles, nous n'en mourrons pas.....mais votre fierté en sera atteinte à jamais et un autre regard sera porté sur votre nation à présent et à l'avenir et cette fois il y a assez de supports pour que jamais on puisse égarer ou oublier. Bien à vous.
Réagir
Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.
Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :




