A chacun son bouc émissaire
vendredi 03 février 2012 à 06h53
LES PATRONS ? TOUS DES VOYOUS. LES SYNDICATS ?

Christine Laurent - Rédactrice en chef du Vif/L'Express
Des jusqu'au-boutistes irresponsables ! On en a entendu des balles siffler en début de semaine ! Même les médias, « à la solde du pouvoir économique et politique en place » (à en croire certains représentants des travailleurs) en ont pris quelques-unes au passage. A chacun son bouc émissaire ! Une véritable rafale de clichés usés, de caricatures grossières et désuètes, hors du temps, dignes du XXe siècle quand le fossé idéologique entre la droite et la gauche avait atteint des profondeurs abyssales. Et qui n'a fait qu'aggraver l'agitation sociale tout en paralysant l'économie. Et pourtant. « Une grève qui ne fait pas exploser un gouvernement est une bombe sans effet », a affirmé ce week-end le président du SP.A, Bruno Tobback. Vu sous cet angle, nul doute que celle de lundi a bel et bien fait un flop. Les syndicats ont perdu leurs relais politiques. Même les Ecolos, pourtant dans l'opposition, se sont faits très discrets. Mais n'étaient-ils pas eux aussi, divisés sur la question ?
Aux dernières nouvelles, le gouvernement est donc toujours en place. Il n'a pas plié. Même si toute cette agitation fait vaciller le PS sur ses bases. Envers et contre tout, Di Rupo Ier poursuit sa quête pour trouver les 2 milliards indispensables pour boucler le budget 2012. « Pas d'austérité aveugle », clament les syndicats. Qui n'approuve pas ? Reste que la définition de cette austérité est loin d'être la même pour tous. Le gouvernement papillon ne reviendra plus sur les mesures déjà prévues et nul doute qu'il s'attaquera encore une fois aux recettes et aux dépenses. Car l'argent, il faudra bien aller le chercher quelque part. Du côté des niches fiscales par exemple. Pourquoi pas ? Un pactole de pas moins de 20 milliards, autant d'exonérations, d'abattements, de réductions qui plombent sérieusement le budget de l'Etat. Un domaine ultrasensible, véritable chasse gardée de tous les partis politiques. Une formule subtile et astucieuse pour séduire l'électeur en le caressant dans le sens de ses intérêts financiers. Hélas, hélas, la barque de ces cadeaux est désormais bien lourde, comme nous l'expliquons cette semaine dans nos colonnes, à tel point que le naufrage menace. Un véritable gaspillage des ressources budgétaires, accusent les experts. Et plus le filet comporte de mailles, plus les possibilités de s'y faufiler se multiplient.
Mais qui osera s'attaquer à ces sacro-saints acquis ? D'autant plus que bousculer cet équilibre, sans lui substituer un système transparent et plus juste, serait suicidaire. Délicat pour nos élus, très délicat. Alors il faut aller voir ailleurs. Du côté de l'index ? Peu probable, tant nos politiques (y compris de droite) craignent la déflagration que sa suspension, même partielle, susciterait au sein de l'opinion publique. Mais si l'on ne peut toucher à rien, c'est sûr qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Des économies à court terme et une relance à long terme s'imposent. Et même si l'heure est aux élections sociales, ce ne sont pas les coups d'éclat permanents qui apporteront les solutions attendues par la population. Notre bien-être à tous et le souci de l'avenir de nos enfants demandent que les partenaires sociaux s'engagent dans une concertation constructive et sans tabous. Des pistes existent. Elles exigent certes du courage. Mais si les négociations s'enlisent à nouveau, nous serons repartis pour un nouveau tour de piste à haut risque. La suite, on la connaît, ce sera droit dans le mur.
CHRISTINE LAURENT
Réactions
Du côté des intérêt notionnels peut être qui ne profitent qu'aux grosses société qui ne créent pas de l'emploi pas plus que les banques qui n'investissent plus dans l'économie réelle.
D'ailleurs, votre article est tronqué dès le départ Mme Laurent. Si ! le gouvernement a bel et bien commencé à bouger sous la pression du mouvement syndical... mais pas assez ! C'est pourquoi la pression va s'accroître jusqu'à l'abandon totale de toutes ces mesures néolibérales absurdes.
Le crac | 3 février 2012 - La "grève" du 30 janvier, un coup de sabre dans l'eau,... - On dit : "un coup d’épée dans l'eau!!
Comment définir les médias? Qu'englobent-ils ? Quelle est leur fonction? Quelle place tiennent-ils dans notre vie, dans notre société, dans le monde qui nous entoure ? L'origine étymologique du mot, medium en latin, renseigne sur sa vocation à constituer un moyen au service de la communication de l'expression humaine. Et ces moyens se sont multipliés depuis les origines. Quelle que soit la teneur et les finalités de cette expression, les médias sont aujourd'hui très variés dans leur nature, ils regroupent tout autant une technique qu'une institution sociale, et sont donc loin d'être uniformes. Les médias sont aussi des institutions sociales, c'est-à-dire des acteurs économiques faisant de la diffusion d'informations une activité à part entière, dans le cadre d'un commerce de services censé dégager un minimum de profits. Qu’il s’agisse de techniques ou d’acteurs économiques, l’ensemble de ces médias contribue à générer tout un système de communication, reliant les individus et les institutions sociales entre eux... on peut se poser demander dans quelle mesure ils ne participent pas surtout à dresser les uns contre les autres ? Mme Laurent se montrer impartiale vis-à-vis du rôle que tient le Vif dans la manière dont il diffuse l'information ? Comment doit-on comprendre que le Vif fait un scoop d'un fait aussi banale que ce monsieur Olivier, un wallon qui fait le choix de rejoindre la nv-a quand au même moment une multinationale flamande, en l'occurrence la société métallurgique Bekaert, qui licencie 600 travailleurs alors que l'entreprise est florissante et en bénéfice ininterrompu depuis 10 ans ? Quel message veut faire passer le Vif? Ne serait-ce pas celui des entrepreneurs flamands, dont il fait lui-même partie, et qui consiste à démontrer la supériorité des flamands sur les wallons ? Supériorité telle que même les citoyens wallons sont prêt à déserter leur région pour rejoindre la Flandre plus prospère ? Sommes-nous toujours bien là dans les limites d'une information objective que le lecteur est en droit d'attendre de la part de tous les journalistes qui participent par un travail intellectuel (ce n'est donc pas innocent) à agir de manière dirigée sur les opinions publique ? Mme Laurent aime à prendre ses grands airs, elle ferait mieux de balayer devant sa porte. Nous ne pourrions que nous en trouver beaucoup mieux. Je ne parlerai pas de son analyse sur le plan politique. Il est vide de sens et n'a d'autres effets que de participer à l'agitation ambiante. Du mauvais journalisme, mais du bon business pour le groupe Roularta.
TOUT se tient, qui a le bon ou mauvais ROLE par actualitechretienne Si l’on ne veut pas réduire la natalité mondiale, il faut réduire le train de vie occidental… La population de la planète atteindra les neuf milliards d’ici 2040. Il faut donc augmenter de 50 % la production alimentaire, et savoir que les besoins en eau vont croître de 30 %. Or le système productiviste-consumériste à l’occidentale ne cesse de gaspiller les ressources et de diminuer les surfaces de cultures vivrières dans l’hémisphère sud (au profit de productions destinées au consommateur du nord, ou à sa voiture). Chaque année la déforestation frappe 5,2 millions d’hectares. Plus de 80 % des zones de pêche sont surexploitées ou épuisées. Quant aux émissions de carbone, au lieu de se réduire elles ont bondi (de 28 %) entre 1990 et 2009. D’où le diagnostic du rapport du Conseil mondial du développement durable (ONU): « Le modèle actuel du développement mondial n’est pas viable. Pour qu’il le devienne, il faut transformer l’économie mondiale… Seul un changement radical du modèle de développement et une refonte de l’économie mondiale permettront d’éviter que trois milliards d’êtres humains ne basculent dans la pauvreté ». On ne peut plus accepter d’entendre clamer, à la fois, que la population mondiale doit croître mais que le modèle économique actuel (consumérisme prédateur, spéculation dérégulée sur les matières premières) est sacré ! C’est une posture contradictoire. Ou fâcheusement hypocrite. Patrice De Plunkett
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