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Il ne faut pas être économiste pour comprendre la logique qui sous-tend ces fermetures ou les restructurations qui en sont souvent l’antichambre. Il suffit de voir le parc d’engins sortis de l’usine de Gosselies, dans leur étincelante livrée jaune, soigneusement rangés comme des jouets dans les rayons des magasins à l’approche de la Saint-Nicolas. Des jouets monstrueux, qui pèsent des dizaines de tonnes, destinés aux mines, à la construction, ou aux gros chantiers et qui, pour chaque départ, nécessitent un convoi exceptionnel. Pour aller où, si ne n’est là où on a besoin d’eux et qui n’est plus trop chez nous? Et comme l’acier dont ils sont faits va devoir venir d’ailleurs, autant les fabriquer ailleurs.

Quand Caterpillar a choisi Gosselies en 1965, c’était pour construire les machines que demandait une Europe en plein boom économique, dont l’industrie tournait à plein régime. L’Europe, aujourd’hui, s’affirme comme le nain d’une compétition mondiale dont les autres joueurs, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde… avancent, eux, leurs pions sur le Monopoly planétaire. L’Union (?) européenne n’est pas même capable de parler d’une seule voix, de définir une politique ou une stratégie économique et industrielle. Elle laisse ses Etats-membres se battre entre eux pour attirer les gros investisseurs à coups de subsides et de cadeaux fiscaux, et puis pleurer quand ils s’en vont ailleurs, où le travail n’est pas payé au juste prix, où l’environnement n’est pas pris en compte. Que peut la Wallonie, que peut la Belgique face à des multinationales qui pèsent plus qu’elles ?

Caterpillar Inc. a connu une bonne année 2012, avec un bénéfice net de 5,68 milliards de dollars (+15%). Hier, l’action a connu la plus forte hausse du Dow Jones.