S.Brin (Google) : Facebook, Apple et la Chine menacent l'Internet ouvert
lundi 16 avril 2012 à 17h37
Sergey Brin, le co-fondateur de Google, voit en Facebook, Apple et la Chine des menaces pour l’Internet ouvert. Mais, le moteur de recherche qui organise la Toile est-il réellement un modèle d’ouverture ?

© Reuters Pictures
Le site du Guardian ouvre cette semaine un dossier d’investigation nommé « Battle for Internet ». Depuis quelques mois, une bataille fait, en effet, rage «entre les gouvernements, les entreprises, les stratèges militaires, les activistes et les hackers» pour contrôler la Toile. Qui sont les censeurs qui confisquent le web, et menacent son ouverture ? The Gardian ouvrait hier la vanne de révélations et publiait un entretien surprenant avec Sergueï Brin, le co-fondateur de Google, inquiet pour l’internet libre et ouvert. Il pointe la responsabilité de Facebook, Apple et la Chine.
Les principes d’ouverture en vigueur dès les balbutiements de l’internet sont aujourd’hui gravement menacés, affirme Sergey Brin. Le co-fondateur de Google se dit «plus inquiet qu'[il ne l'a] jamais été dans le passé». Il évoque les pas vers la censure franchis dans certains pays comme la Chine, l’Iran ou l’Arabie saoudite. Rappelons qu’au début du mois, les réseaux sociaux chinois ont été largement épurés par le gouvernement, effrayé par la propagation de la rumeur du coup d’Etat.
Le grand manitou du web accuse aussi ses concurrents, Facebook et Apple, de confisquer leurs données. Selon lui, Apple et Facebook protègent jalousement leurs données et contrôlent strictement les logiciels pouvant être publiés sur leurs plateformes. Pour Sergey Brin, il y a beaucoup à perdre, sachant que «toutes les informations contenues dans les applications ne sont pas trouvables par les moteurs de recherches ».
Il critique Facebook pour sa politique de chasse gardée de données qui empêche l’utilisateur de transférer leurs données vers d’autres services. Alors que Facebook « aspire des contacts Gmail depuis de nombreuses années ». Brin explique qu’il n'aurait pas pu créer Google si l'Internet avait été dominé par Facebook. « Vous devez jouer selon leurs règles, qui sont très restrictives », s’insurge-t-il. «La condition pour que Google puisse créer ce genre d’environnement avec un moteur de recherche est que le web soit très ouvert. S’il y a trop de règles, elles étouffent l’innovation », lit-on sur The Gardian.
La suprématie Google
Même fondées, les accusations sonnent faux dans la bouche du co-fondateur de Google. On ne peut pas dire que Google soit une référence en matière d’ouverture au vu de l’opacité de son algorithme . Un algorithme fermé dont personne ne connait le mécanisme pour faire monter ou baisser le référencement.
La position hégémonique du moteur de recherche sur la Toile lui permet de cadenasser facilement l’information. Google a plusieurs faits d’armes concernant le déréférencement et la censure.
Google.cn a longtemps joué des compromis avec la censure en Chine, avant de disparaitre de la toile le 10 avril 2011. A présent, le bouton recherche de google.cn renvoie vers google.com.hk, le portail hongkongais.
The Gardian rapporte que « Sergey Brin a reconnu que certaines personnes se sont inquiétées de la quantité de leurs données qui étaient désormais à la portée des autorités américaines parce qu'elles se trouvent sur les serveurs Google ». Il ajoute que Google a été contraint de remettre les données et qu’il avait été parfois empêché par des restrictions légales d’en informer les utilisateurs.
Récemment, Google a été accusé de concurrence déloyale envers Twenga, un moteur de recherche de shopping. L’entreprise française accuse Google d’abus de position dominante. Google fait d’ailleurs toujours l’objet d’une enquête de la Commission Européenne.
Astrid Thins (stg)
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