Médecines non conventionnelles et cancers
mercredi 14 décembre 2011 à 12h12
C'est une première ! La journée d'information de la Fondation contre le cancer abordera ce sujet sensible, en insistant sur la prise en charge globale de la maladie et sur l'importance du dialogue entre patient et médecin.

© Thinkstock
Homéopathie, phytothérapie, sophrologie, mindfulness (méditation en pleine conscience), suppléments alimentaires, massages... Ces médecines non conventionnelles, appelées aussi médecines douces, médecines alternatives ou thérapies complémentaires ont le vent en poupe. Même auprès de patients oncologiques. Il semble que ces derniers soient très nombreux à y avoir recours... mais en catimini.
Pourquoi ces cachotteries ?
Car le sujet est tabou et délicat. A vrai dire, il est rarement abordé par le corps médical classique. L'initiative de la Fondation contre le cancer doit donc être saluée comme courageuse et engagée. « Pourtant, nous avons longuement hésité, par crainte d'être mal interprétés, confie en toute franchise le Dr Didier Vander Steichel, directeur scientifique et médical de la Fondation. Cela dit, j'insiste : notre but n'est pas d'encourager le recours aux médecines non conventionnelles ni d'en dissuader l'usage, par principe. Nous voulons informer sur deux aspects importants. Primo, que peut-on raisonnablement espérer d'un recours aux médecines non conventionnelles ? Secundo, quelles sont les conditions d'une utilisation sans risques de ces médecines ? »
L'idée de cette journée d'information est née d'un double constat. De très nombreux patients se tournent vers les médecines non conventionnelles mais seulement un tout petit nombre en informent leur cancérologue. Pourquoi ces cachotteries ? En absence de toute étude, on ne peut qu'avancer quelques hypothèses. Certains patients passent sous silence les traitements complémentaires, car ils ont l'impression que leur cancérologue n'a pas le temps de les écouter. D'autres ont des doutes quant au sérieux ou à l'efficacité des médecines non conventionnelles mais... aimeraient y croire. Sans oublier des cancérologues (de moins en moins nombreux) qui affichent un certain mépris vis-à-vis de ce type de médecines. D'où la crainte du patient de se rendre ridicule. « Or ce manque de communication est préoccupant, poursuit le Dr Vander Steichel. En effet, si on veut une sécurité d'utilisation, elle doit passer obligatoirement par un dialogue avec le cancérologue. Certains traitements de phytothérapie, par exemple, peuvent perturber l'efficacité de la chimiothérapie. Lors de cette journée d'information, nous voulons transmettre deux messages : "Parlez-en !" et "Ayez des attentes réalistes". Aucune médecine non conventionnelle ne peut garantir des chances de guérison. Seules des techniques de médecine classique arrivent à démontrer un impact sur les chances de guérison. Ne rajoutez pas des risques inutiles. La sécurité avant tout et cette sécurité passe par la communication avec son médecin traitant. »
Vers une médecine intégrative
Celle-ci englobe la maladie elle-même mais aussi tout ce qui tourne autour, autrement dit tous les aspects liés au mode vie, au bien-être et au stress. Cette approche, née aux Etats-Unis et introduite dans les programmes de médecine dans les universités américaines et canadiennes depuis le début des années 2000, est encore peu connue du corps médical en Europe. En revanche, elle est pratiquée par les patients. « De nombreuses études ont été réalisées sur le sujet, et certaines d'entre elles montrent clairement que le cancer tout comme ses traitements poussent une proportion importante de patients à combiner leurs traitements conventionnels avec d'autres méthodes qui le sont moins », explique Olivier Schmitz, anthropologue à l'UCL. Le cancer est une maladie terrible qui véhicule énormément de représentations, qui touchent à tous les aspects de la vie des patients. La prise en charge de ces aspects reste parcellaire et est rarement assurée par l'institution hospitalière. Le patient, angoissé, désemparé et perdu, sait très bien que les médecines non conventionnelles ne vont pas le guérir, mais il cherche du « sens » à la maladie (pourquoi moi ? pourquoi maintenant ?) et à la guérison (vais-je guérir ? à quel prix ?), des conseils et des encouragements, parfois tout simplement de pouvoir en parler avec quelqu'un qui ne soit pas un proche. On peut ainsi affirmer que, selon les cancers et selon les recours pris en compte, jusqu'à huit patients sur dix empruntent, d'une façon ou d'une autre, des voies parallèles qui vont d'une consultation chez un psychothérapeute ou chez un homéopathe à l'utilisation d'huiles essentielles. Le scénario standard n'existe pas et la fréquentation des différents thérapeutes dépend beaucoup de la culture, au sens large, du patient.
Massages, sophrologie et homéopathie
Partisan d'une médecine intégrative, le Dr Bernard Willemart, chef du service d'oncologie, radiothérapie et médecine nucléaire à la clinique Sainte-Elisabeth à Namur, a lancé en mai 2009 un projet pilote de soins de massages, soutenu financièrement par la Fondation contre le cancer. Les massages, gratuits, sont dispensés par des massothérapeutes spécialement formés, suivis par des psycho-oncologues. Souhaitant aller plus loin, le service d'oncologie propose, depuis le début 2011, des séances de sophrologie de groupe. « Les résultats sont vraiment extraordinaires, souligne le Dr Willemart. Aujourd'hui, nous nous trouvons à un point de non-retour et il est inconcevable de ne plus proposer ces soins. Le financement reste toutefois un problème. A l'avenir, nous tâcherons de trouver des partenariats privés. » On retrouve la même vision intégrative chez certains médecins homéopathes. Le Dr Odile Cormann, médecin généraliste, diplômée en carcinologie clinique, travaille en synergie et en étroite collaboration avec les oncologues pour complémenter les traitements lourds. « La nature même d'un traitement homéopathique a deux avantages, explique-t-elle. La dilution des produits permet un confort d'utilisation et une non-interaction avec le traitement oncologique. Par ailleurs, la consultation en elle-même permet d'aborder tout le contexte de la maladie : l'alimentation, le sommeil, l'environnement, l'aspect psycho-émotionnel et le vécu. Sa durée, minimum une heure, permet au patient d'avoir la parole, de se sentir écouté et pris en charge dans sa globalité. Or la médecine classique est loin de répondre à ses angoisses et à ses interrogations. » D'autres bénéfices de l'homéopathie ? Elle diminuerait les effets secondaires des traitements, les nausées et les aphtes et soutiendrait le système immunitaire. Même si ces faits n'ont pas été validés scientifiquement, ils ont été constatés de manière empirique.
L'objectif des médecines non conventionnelles consiste donc à apporter un soulagement, une amélioration de la qualité de vie, une diminution du stress et des effets secondaires. Ce n'est pas négligeable. La conclusion ? Laissons-la au Dr Vander Steichel : « Le recours à une médecine non conventionnelle peut s'envisager en plus ou en complément du traitement classique mais jamais, au grand jamais, à la place de ce traitement. »
Journée d'information « Médecines non conventionnelles et cancers. Quels bénéfices ? Quels risques ? », 16 décembre 2011, de 9 heures à 15 h30, palais des Beaux-Arts, à Bruxelles. Inscription : www.cancer.be
BARBARA WITKOWSKA
Réactions
Tout est dans tout, le corps est l'expression de l'émotion, du vécu et même des moments futurs, MAIS qui a la capacité à résoudre un problème? un rebouteux, un spécialiste, un accordeur de violon, un psychomachin? nous sommes seuls, façe à une multitude de thérapeutes, qui selon leurs capacités, leur expérience vous aiderons, le plus souvent contre monnaie sonante et trébuchante.
Bonjour, Vous avez tout à fait raison ! Les bienfaits du massage, entres autres approches complémentaires à un suivi médical, sont nombreux mais souvent méconnus. Et vous replacez fort opportunément le corps au centre de notre existence. Le corps par qui tout passe. Lorsqu'on a été victime d'un traumatisme par exemple, même léger, il peut être utile d'envisager un travail directement sur son corps. En liaison avec la parole. Notamment lorsqu'on est atteint d'une affection grave comme le cancer ou quand on cherche à sortir d'une déprime passagère, voire d’une dépression. Ou pour se sentir mieux, tout simplement. Enfin redonner la parole à son corps. Lui si souvent brimé, bridé, voire bafoué. Lui qui a tant à raconter. Tant besoin d’être compris, entouré, accepté tel qu’il est. Peut-être savez-vous que le corps dispose de sa propre intelligence, de son propre langage, de sa propre mémoire. Il est intéressant de noter à cet égard que la peau est issue du même tissu cellulaire que le... cerveau ! On peut donc comprendre beaucoup de soi grâce à son corps, dès lors qu’on l’autorise à s’exprimer comme il en a envie. À son rythme, en lui laissant tout le temps dont il a besoin. Dans le respect. Et l’une des meilleures façons de le faire, c’est de le gratifier d’un massage évolué. Un long massage (au moins 2 heures). Bienveillant et attentif. On constate alors que le corps va se manifester. De différentes manières. Parfois déconcertantes. C’est normal. Le rôle du masseur est d’écouter le corps, d’interpréter ses signaux et lui transmettre, entre autres bonnes choses, des énergies positives que seul un toucher de qualité et expérimenté peut faire naître. Puis, si la personne massée souhaite échanger sur son ressenti, d’écouter ce qu'elle a à dire. Pendant la durée nécessaire. Le toucher joint à la parole est susceptible d'aider vraiment les personnes à mieux se comprendre et, in fine, à se sortir d’affaire lorsqu’elles sont en souffrance. Le massage est très efficace. Il procure relaxation, plaisir, bien-être, réconfort. Il favorise la santé générale. C’est un puissant régulateur d’énergies qui permet de régler des problèmes spécifiques. Il est d’ailleurs indiqué pour lutter contre de nombreux troubles et affections. Ses multiples bienfaits sont étonnants. En dehors du plaisir à le recevoir – qui suffit à motiver une séance – on peut en attendre beaucoup. Mais il faut en parler ! Et puis le vivre. Yves http://maessage.wordpress.com
Comme dans tout il y a à boire et à manger, mais c'est certain que les blouses blanches qui aiment se saisir de leur autorité et les béni-oui oui qui la subissent passivement peuvent entrainer la mort. Je connait plus de gens morts à cause de médecins que d'accidents..
Comme je l’ai eu personnellement à le déplorer plusieurs fois et ce qui est concordant avec les nombreux témoignages spontanés que je recueille dans le cadre de ma profession, trop de médecins se permettent de maltraiter psychologiquement leurs patients en les critiquant ouvertement sur leurs démarches thérapeutiques alternes ; ce faisant ils sont en infraction avec leur propre code de dé tonologie qui impose de respecter les choix thérapeutiques de leurs patients (sauf en cas avéré de danger pour leur vie, que de telles options pourraient constituer). D’autre part, le corps médical n’a pas bien pris la mesure de ce que ce qui concourt grandement et inexorablement le succès des approches non conventionnelle : l’absence d’écoute suffisante des patients. Lors d’une émission récente sur Arte, on apprenait qu’en France (en Belgique cela n’est pas très différent) qu’un médecin coupait son patient après moins de 20 secondes au court d’un entretien qui ne dépassait pas en moyenne 17 minutes ! « La médecine est prise dans un engrenage infernal […]. Elle propose de plus en plus de remèdes, mais elle laisse de moins en moins de place pour exprimer des interrogations, des sentiments et des croyances. Il n’est donc pas étonnant que les malades cherchent du sens en dehors de la médecine. Moi-même, après quarante ans de pratique médicale, je trouve des réponses ailleurs, auprès d’une psychothérapeute ou d’un acuponcteur. Là où il m’est autorisé de parler de moi et pas seulement de mon rein malade. » (Thierry Janssen, chirurgien devenu psychothérapeute in La maladie a-t-elle un sens ? p. 248). C’est ce qui avait déjà fait dire à Aldous Huxley (cf. « Le meilleur des mondes ») : « La médecine a fait tellement de progrès, que plus personne n’est en bonne santé ! ». Enfin, il y a le manque de prise en compte par les médecins des découvertes de la médecine psychosomatique et ceci explique ne partie cela: « Des études cliniques, effectuées sur des malades dont on a pu établir tous les antécédents biographiques, ont montré l’existence d’un rapport chronologique entre l’évolution de leur maladie et les événements retentissant sur leur vie affective. La situation qui précipite le sujet dans la maladie revêt pour ce malade une signification affective particulière, parce qu’elle est liée à son passé ou à une problématique conflictuelle non résolue. C’est en raison de ces liens qu’elle a pour lui un effet de stress. « (A. Becache – Psychologie Pathologique, 2004, Abrégés Masson) 9ème Édition, p. 219). « C'est la médecine tout entière qui doit s'ouvrir à la psychologie et devenir psychosomatique. Ou pour mieux dire, avec WEISS et ENGLISH [°] : " Toute maladie relève à la fois de l'esprit et du corps et toute thérapeutique est, de ce fait, de la médecine psychosomatique. Lorsqu'on en sera dûment persuadé, le terme psychosomatique pourra disparaître, les données qu'il traduit étant désormais impliquées dans le terme médecine ". Mais pour cela il faut que tous les médecins et psychiatres soient authentiquement formés à la psychologie et aient renoncé au préjugé organiciste. ». (Marc-Alain Descamps – Corps et psyché, 1992, p16). ° Ouvrage de référence : ‘Médecine Psychosomatique. L'Application de La Psychopathologie aux Problèmes Cliniques de Médecine Générale’ Cette énorme lacune a fait le lit de prétendues médecines parallèles comme la « Médecine » de Hamer et la « Biologie Totale » dont les pratiques se sont révélées antithérapeutiques et notamment dangereuses lorsqu’elles détournent sciemment les patients des soins qu’ils ont choisis. Cf. Cet important jugement du Tribunal correctionnel de Liège (fin septembre 2011) et qui fera jurisprudence : http://www.retrouversonnord.be/BTouimais1.htm#liegeois
la BOUFFE non conventionnelle, pas de conserve, pas industriel, pas quick, macdo etc que les capitalistes nous fabriquent, c'est la solution préventive comme le LPG, un moindre mal, niveau micro, polluant, etc mais il ne peuvent saisir les concepts simples et évident, trop simple pour faire des plus values,
Réagir
Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.
Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :
Belgique
- Vanhengel suggère un changement à la tête de l'Open Vld
- La petite Diana a été étranglée par sa mère
- Godinne : les leçons du passé ?
- Bientôt une carte "Handipass"
International
- Aboul Fotouh, Dr Mystère au chevet de l'Egypte
- Québec : loi spéciale contre printemps érable
- Guinée-Bissau: le gouvernement formé, l'armée va retourner dans les casernes
- RDC: plus de 100 morts lors d'attaques de miliciens
Culture
- Des chercheurs de l'ULB découvrent une tombe intacte au Pérou
-
Retour en images sur 40 ans de Bee Gees

- Robin Gibb, chanteur des Bee Gees, est décédé
- Décès de Donna Summer à l'âge de 63 ans
Sciences et santé
- L'eau, un bien à protéger
- Les enfants souffrent longtemps du tabagisme de leurs parents
- Les enfants souffrent longtemps du tabagisme de leurs parents
- Près d'un Belge sur deux est en surpoids




patientez s.v.p.

