100.000 personnes manifestent contre l'austérité en Grèce
dimanche 12 février 2012 à 22h05
Environ 100.000 personnes, selon la police, ont participé dimanche à des manifestations en Grèce, émaillées d'incidents entre policiers et groupes de manifestants alors que des bâtiments et des magasins étaient saccagés ou en flammes à Athènes.

© Image Globe
Dans la capitale grecque, la police a recensé près de 80.000 manifestants en fin soirée tandis qu'à Salonique, deuxième ville grecque dans le nord, leur nombre a atteint 20.000.
Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé à affluer vers 16H00 sur la place Syntagma devant le Parlement à Athènes et continuaient d'occuper les lieux à 19H00 malgré les gaz lacrymogènes tirés par la police pour disperser la foule.
Dans le centre ville, transformé en champ d'affrontements, les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres contre les forces anti-émeutes. La situation est restée "hors de contrôle" pendant plus de deux heures, selon une source policière.
Comme dans les manifestations massives de juin et d'octobre 2011, les protestataires les plus radicaux ont prélevé à coup de masse le marbre des bâtiments du centre-ville pour constituer leurs munitions.
Un café évacué, une banque et un magasin étaient en flammes vers 20 heures. Des pompiers et policiers dépêchés sur les lieux tentaient de circonscrire les incendies.
A Salonique, des heurts ont également éclaté entre les manifestants et les policiers qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.
Le Vif.be, avec Belga
Réactions
Ce discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette et du CADTM international, a été prononcé devant la Commission Sociale de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe qui s’est tenue le 24 janvier 2012 à Strasbourg sur le thème : « Les mesures d’austérité - un danger pour la démocratie et les droits sociaux". Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain. Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même. Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) s’avéraient efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien … en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement, c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien ! Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, ils persistent à imposer aux Grecs – mais aussi pratiquement à tout le monde - exactement les mêmes politiques qu’eux-mêmes admettent qu’elles ont échoué. C’est ainsi qu’on est désormais en Grèce au septième « Mémorandum » d’austérité et de destruction de services publics, après que les six premiers ont fait preuve d’une totale inefficacité ! On assiste au Portugal, en Irlande, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe à l’application de ces mêmes plans d’austérité draconienne qui aboutissent partout au même résultat, c’est-à-dire enfoncer les économies et les populations dans une récession et un marasme toujours plus profonds. En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70%. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. Le chômage atteint désormais 20% de la population et 45% des jeunes (49,5% pour les jeunes femmes). Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux sont réduits (par décision gouvernementale) de 40%, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y a plus dans les hôpitaux publics des pansements ou des médicaments de base comme des aspirines. L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012 !, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé. Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments. Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs celui des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités. Des millions de femmes grecques se voient maintenant chargées des tâches normalement assumées par l’Etat à travers ses services publics quand ceux-ci n’étaient pas encore démantelés ou privatisés par les politiques d’austérité. La conséquence en est un véritable calvaire pour ces femmes grecques : non seulement elles sont les premières à être licenciées et sont contraintes d’assumer les tâches des services publics en travaillant de plus en plus gratuitement à la maison, mais elles sont aussi directement visées par la réapparition de l’oppression patriarcale qui sert d’alibi idéologique au retour forcé des femmes au foyer familial. On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire, on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessité ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international oblige expressément les Etats à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes. Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. » Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons. Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à l’Etat grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction. Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime. Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…
@QueSeVayanTodos : là où vous avez tout faux, c’est qu’il ne s’agit pas de nos « chefs » ni de nos « guides » et encore moins de nos « dirigeants » mais tout simplement de nos « représentants ». C’est d’ailleurs sur cela que le parlement est la « chambre des représentants ». C’est ce qui s’appelle « la démocratie » : nous donnons notre voix (au sens littéral du terme) à quelqu’un pour nous représenter. En dehors de cela, cela s’appelle une dictature. C’est « chacun son choix », bien entendu. Le mien est fait. Sur ce, je vous laisse à vos considérations culinaires.
@eric123456 : J'ai bien compris que vous ne supportez pas l'acidité du vinaigre qui me conserve. Un peu trop relevé pour vos petites papilles délicates sans doute. Permettez-moi pour ma part et pour vous répondre poliment, que je doute fort que la saumure dans laquelle vous baignez vous-même, rende vos propos "consommables". Quoi, ainsi, selon vous, tout ceci n'a rien d'alarmant... Le système est bon... Restons confiant... Désolé, mais ce sont là des propos d'imbéciles heureux mon cher. Continuons de réagir aussi mollement, persuadé que nos "chefs", nos "guides", nos "dirigeants" ont le souci de l'intérêt général avant celui plus particulier de la classe dominante, et c'est pour le coup que nous aurons des raisons de faire la grimace !
eric123456 : parfaitement d'accord avec vous. la crise financière est due non au système financier, qui a fait ses preuves depuis les réformes issues de la crise de 1929, mais à la dérégulation de ce même système par l'abandon des contraintes instaurées et qui avaeint pour but de séparer les activités de banque de dépôt de celles de banques d'affaires. Pour notre système politique, idem. Les politiciens ne recherchent pas l'intérêt supérieur de l'Etat, mais bien - par leur clientélisme - la certitude d'une réélection. Seulement, c'est justement cela le jeu de la démocratie : plaire au peuple pour que celui-ci le réélise. Et le peuple est stupide ! Exemple : lorsqu'un électeur doit son poste aux largesses de son élu qui en a créé un inutile de plus pour lui faire plaisir, si les choses tournent mal ensuite, l'électeur désapprouve certes, mais n'en demeure pas moins fidèle lors des élections à la main qui l'a nourri. C'est ce qui explique la pérennité du parti socialiste, fossoyeur de la Wallonie.
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