mercredi 23 mai 2012

Presse : le Sun connaîtra-t-il le même sort que le News of the World ?

jeudi 16 février 2012 à 13h05

Impliqué depuis quelques jours dans une affaire de corruption, le Sun, premier tabloïd britannique, pourrait être amené à disparaître comme le News of the World.

© Reuters

Habitué à la provocation, avide de scandales et critiqué pour s’en tenir à un traitement sensationnaliste et peu déontologique de l’information, le Sun se retrouve aujourd’hui lui-même impliqué dans une lourde affaire de corruption.


Après l’affaire des écoutes du New of the World qui fut contraint de mettre la clé sous la porte l’été dernier, le Sun est le deuxième tabloïd britannique à être menacé de fermeture.
Le plus inquiétant reste que le Sun est le quotidien anglophone le plus vendu au monde et le plus lu de la Grande-Bretagne (plusieurs millions d’exemplaires par jour).

Plusieurs journalistes arrêtés depuis janvier

Samedi dernier, cinq journalistes « piliers » du journal, dont le rédacteur en chef adjoint Geoff Webster, ont été arrêtés à Londres dans le cadre d’une enquête sur des pots-de-vin qu’auraient versés des journalistes en échange d’informations. Un policier, un militaire et une employée du ministère de la Défense, soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire, ont également été arrêtés. Fin janvier, quatre journalistes et ex-journalistes du Sun avaient déjà été arrêtés, puis relâchés sous caution.


Trevor Kavanagh, rédacteur en chef adjoint du titre, a tenté de justifier ces actes en déclarant que «la rémunération des sources est parfois nécessaire. » Et d’ajouter : « c’est depuis longtemps une pratique courante, depuis que les journaux existent ici et ailleurs ». Dominic Mohan, rédacteur en chef du journal, s’est, quant à lui, dit « consterné » mais « déterminé à poursuivre sa tâche » rapporte Le Soir.

Murdoch pris à son propre piège


Point le plus étonnant de l'histoire: les arrestations au Sun reposent sur la base d'éléments fournis par News Corporation, le groupe international de Rupert Murdoch, basé aux États-Unis. Après le scandale des écoutes, l'an dernier, le magnat des médias avait en effet commandé l'institution d'un comité interne chargé de transmettre à la police toutes les informations concernant les journalistes susceptibles d'éveiller des soupçons. Et ce sans prévenir les principaux concernés.


La méthode a fait bondir le syndicat national des journalistes britanniques. "La trahison de son équipe et de ses sources par News International représente une sérieuse menace pour la liberté de la presse", dénonce le syndicat dansun communiqué mis en ligne lundi. "Il apparaît que les journalistes sont souvent harcelés par leur direction pour obtenir des informations. Ils constatent qu'ils sont dénoncés par ceux qui leur donnaient les ordres". Ce mercredi, un deuxième communiqué réaffirme l'engagement du syndicat aux côtés des journalistes du Sun. "Nous étudions désormais les moyens de les soutenir, notamment la piste du redressement judiciaire", peut-on y lire.

Bientôt le Times et le Sunday Times ?

Cette volonté d'épuration développée par NewsCorp peut sembler périlleuse puisque le Sun est le pilier du groupe au Royaume-Uni, ses autres titres britanniques le Times et le Sunday Times - qui, certes, ne visent pas le même lectorat - enregistrant des croissances négatives.


Un choix que le groupe de médias semblait justifier par ces mots, dans la foulée de la vague d'arrestations, samedi dernier : "News Corporation est toujours déterminé à faire en sorte que les pratiques inacceptables de certains individus pour obtenir des informations, qui ont pu avoir cours dans le passé, ne se reproduisent plus".


En toute légitimité, la règle devrait s'appliquer à l'ensemble des titres du groupe Murdoch. L'empire aux 33,4 milliards de chiffre d'affaires enregistrés en 2011 n'est pas à l'abri d'un effet domino à venir tôt ou tard sur ses nombreux titres nord-américains et australiens.

Le Vif.be avec L’Express.fr



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