mercredi 23 mai 2012

"Un gouvernement Leterme III est peu plausible"

jeudi 22 avril 2010 à 16h42

Pascal Delwit, professeur de Science politique à l'Université libre de Bruxelles, commente la crise politique.

Pendant que Patrick Dewael se trouvait chez Roi, le Vlaams Belang a mené une action à la Chambre en installant une banderole et en entonnant  le " Vlaamse Leeuw ".

Pendant que Patrick Dewael se trouvait chez Roi, le Vlaams Belang a mené une action à la Chambre en installant une banderole et en entonnant le " Vlaamse Leeuw ". © Belga


La décision de l'Open VLD est-elle motivée uniquement par des considérations partisanes sur l'échiquier politique flamand ?

Pascal Delwit : C'est l'objectif principal. L'Open VLD se remet difficilement de deux revers électoraux, en 2007 et en 2009. Il est dans une situation inconfortable, en étant dans la majorité au niveau fédéral et dans l'opposition au niveau flamand. Et au fédéral, il fait partie d'un gouvernement qui, au Parlement, est minoritaire du côté flamand. En plus, il dispose d'un nouveau leader qui doit se faire un prénom. Néanmoins, il y a de quoi être surpris par l'attitude de l'Open VLD. Ceux qui provoquent les crises n'en sont pas en général les bénéficiaires. D'autant que le communautaire n'est pas le dossier de prédilection des libéraux.

Y a-t-il une surenchère du côté flamand, une volonté d'apparaître comme celui qui défend le mieux les intérêts flamands ?

Oui. Mais cela apparaît très difficile parce que chaque parti fait de la surenchère. Et pour égaler le Vlaams Belang, qui revendique l'indépendance dans l'article 1 de son programme, la voie est sans issue. Or l'Open VLD tient plutôt sa légitimité des questions économiques et fiscales.

Les propositions de Jean-Luc Dehaene autorisaient-elles le lancement d'une véritable négociation malgré les commentaires négatifs des dirigeants francophones ?

Certes, on semblait encore loin d'un accord. On avait le sentiment que la période préalable aux vacances n'avait peut-être pas été suffisamment mise à profit pour le préparer. Les propositions initiales de Jean-Luc Dehaene étaient très éloignées d'un début de satisfaction des demandes francophones. Tant qu'on est dans l'impossibilité de toucher au tabou de chaque communauté, on est bloqué. Mais les francophones avaient ouvert la porte en acceptant l'idée d'une scission de BHV contre des compensations. Les négociations s'annonçaient cependant complexes. Mais on le savait. Elles l'ont été sous des gouvernements Tindemans, en 1980, 1988, 1993, et puis, en 2002 et en 2005.

Il est délicat de faire de la politique-fiction. Mais pensez-vous que l'on se dirige vers des élections ou vers un gouvernement Leterme III ?

Il est effectivement difficile de se lancer dans de la prospective. Mais il apparaît peu probable que l'Open VLD revienne en arrière. Je ne vois pas non plus le SPA entrer au gouvernement à un an des élections. Or un gouvernement alternatif qui dispose d'une majorité flamande au Parlement nécessiterait qu'il soit élargi au SPA et que l'Open VLD le réintègre. Peu plausible. L'hypothèse d'élections anticipées l'est davantage.

Vous êtes aussi un spécialiste des questions européennes. Avez-vous le souvenir d'un précédent où un pays, à l'aube d'assumer la présidence de l'Union européenne, ait été dans une situation aussi délicate ?

Non, une telle situation avant une présidence, je n'en ai pas le souvenir. On se remémore la crise politique qui a frappé le gouvernement tchèque. Mais elle était intervenue en cours de présidence.

G.P.

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Réactions

Murat1949 | 24 avril 2010

"Vous connaissez beaucoups de départements francais équipés comme l'est la Wallonie", oui beaucoup ... Et en plus ils dépendent pas de la Flandre pour recevoir quelques € de la Flandre et les routes sont en parfait état, sans compter que bien des sociétés importantes implantées en Wallonie sont ... françaises !

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Yvan d'HSP | 24 avril 2010

@: claudalf : Quand à croire, comme certains le pensent, au rattachement de la wallonie à la France, c’est une illusion. Croyez-vous, réellement, que vos voisins sont prêts à vous accepter parmi eux? J’en doute. Vous connaissez beaucoups de départements francais équipés comme l'est la wallonie

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Haha | 24 avril 2010

Rameuter l'histoire à son profit est toujours une démarche sans risque et les Flamands sont les experts dans ce domaine. Que les "petites gens" aient été malheureux en Flandre avant la 1ère guerre mondiale est un fait, mais c'était généralisé en Europe, il suffit de lire Zola ou l'histoire des conflits sociaux en Wallonie. Par contre, tant qu'on y est à ressortir les vieux canards, le nationalisme flamand sent drôlement mauvais: qu'on se rappelle la proposition du Raad van Vlaanderen qui a offert aux Allemands que les soldats flamands de l'Yser désertent en échange d'une reconnaissance de l'Indépendance de la Flandre. Pour ce fait de haute trahison, Borms a continué son activité politique avec très peu d'opposition. D'accord, quand ses copains sont revenus, il a recommencé avec autant de vigueur(déjà les bourgmestres) et là, le peloton n'était plus loin! La rancœur des Flamands vis-à-vis des Francophones n'est historiquement pas soutenable, les torts existant des deux côtés. La quasi totalité des acteurs et leurs enfants sont morts et les gens d'aujourd'hui ne savent même plus de quoi on parle. Ce qui compte, c'est l'avenir et les Flamands ont le droit de le préparer avec tout le soin nécessaire. De même les Francophones. Mais si on veut à tout prix invoquer l'histoire, il n'y a qu'une remarque qui s'impose, c'est qu'une communauté qui détient les rênes du pouvoir doit être soucieuse du bien-être de celle qui ne le détient pas!

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EBL | 24 avril 2010

@claudalf Vous avez complètement raison. Un des plus grands problèmes en Flandre était l'enseignement. Même dans les années 1930 l'enseignement secondaire et l'université étaient francophone. Donc prévu pour les riches ou accessible par un effort énorme. Entre les deux guerres un grand nombre de flamands travaillait au Nord de la France et dans la Wallonie. J'ai l'impression que beaucoup de francophones n'ont aucune idée de l'histoire des flamands et leur misère par la Belgique. Évidemment à partir des années cinquante tout a changé, surtout par les américains et les allemands, mais aussi par flamands riches et francophone qui avaient compris le volonté des flamands de réussir. Malheureusement de plus la Flandre avançait de plus la Wallonie se dégradait. Le nombre d'entreprise disparu à cause des grèves est énorme. En plus des francophones riches ont pris ce qu'ils pouvaient sans investir de nouveau. Et entretemps beaucoup de francophones ne veulent plus habiter en BXL, et c'est à comprendre, parce que c'est plus agréable en Flandre. Mais c'est clair, dans le temps les francophones ont exigé le principe d'une langue pour une région, avec l'exception de BXL. Et voilà quelques dizaines d'années plus tard les francophones ne sont plus d'accord. Maintenant les territoires sont comme ils sont. Connaitre la langue des voisins peut nous apprendre beaucoup sur l'histoire, leur culture, leurs attitudes. Qui peut comprendre les flamands du département Nord sans connaitre l'histoire de la Flandre?

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Samwise Gamgee | 23 avril 2010

@C-Roland. C'est trop stupide pour réagir, mais bon. La colonisation de Bxl par les Flamands? Je ne crois pas mes yeux. Jamais entendu de la tâche d'huile? Bruxelles est déjà presque entièrement francophone, et ça ne suffit même pas, parce que la périphérie est en train d'être francisée. Les Flamands d'origine y sont repoussés par des colonistes francophones arrogants et ne peuvent plus y acheter des terrains. D'où les mesures comme le wooncode pour essayer de protéger la vie indigène. Des mesures (pas si) dures parce que faire appel au respect et à l'empathie ne marche clairement pas. Les francophones pas seulement ne font pas d'effort de s'intégrer dans la vie locale, mais la repoussent. Combien de temps avant qu'ils ne revendiquent et annexent le territoire, comme le veut un Maingain? Qui sont les colons?!

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