mercredi 23 mai 2012

"Toucher à la dégressivité du chômage, c'est toucher aux salaires"

vendredi 04 novembre 2011 à 10h44

Pour Bruno Van der Linden de l'Ires (UCL), la dégressivité des allocations de chômage ne doit pas être un tabou, mais il faut en connaître les conséquences.

Bruno Van der Linden

Bruno Van der Linden © Denis Closon/ISOPIX

Le Vif/L'Express : La dégressivité des allocations existe déjà, disent les syndicats. Vrai ?

Bruno Van der Linden : Oui, mais pas pour toutes les catégories de chômeurs. Pas pour les jeunes qui sont en stage d'attente, par exemple : leur allocation dépendra plutôt de caractéristiques d'âge.

Cela dit, la dégressivité est-elle une mesure efficace ?

Il faut d'abord préciser que trouver un emploi ne résulte pas seulement du comportement de celui qui en cherche. C'est aussi une question d'offre sur le marché du travail. Maintenant, on constate que coexistent des emplois vacants et des chômeurs. Et les études consacrées à la dégressivité et à la fin de droits aux allocations de chômage montrent que ces mesures jouent un rôle évident sur l'effort de recherche d'un emploi. Avoir conscience qu'en refusant une offre on touchera une allocation inférieure d'ici à quinze jours ou à un mois, cela fait réfléchir. C'est indubitable.

Toucher à la dégressivité, c'est toucher à un tabou ?

Non, il ne faut pas considérer cela comme un tabou. Il faut néanmoins savoir que, si en réformant la dégressivité, on diminue les allocations de chômage, cela engendrera inévitablement une tendance à la baisse des rémunérations salariales, même si on maintient le salaire minimum légal. Dans toute négociation entre un demandeur et un employeur, il est tenu compte de la position de repli qu'est le chômage et du niveau de ces allocations. Toucher à la dégressivité, c'est toucher à la formation des salaires. Et donc à l'emploi aussi : si les salaires diminuent, les emplois seront plus nombreux.

Plutôt que de réformer le système de dégressivité, ne vaut-il pas mieux améliorer l'activation et le contrôle des chômeurs ?

A l'Ires, nous avons récemment étudié le mécanisme de contrôle d'effort à rechercher du travail, associé à des sanctions. Résultat : celui-ci a un impact positif, avant même de devoir procéder à des sanctions, mais il est néanmoins limité. Avec l'accompagnement des chômeurs, le taux de remise à l'emploi augmente de 10 % en Flandre, de 6 % en Wallonie et de 5 % à Bruxelles. Cela montre que ce dispositif s'avère plus efficace dans un marché où les offres de travail sont plus abondantes.

Les abus en matière de chômage augmentent-ils ? Il y a eu 108 000 sanctions en 2010, soit trois fois plus qu'en 2000.

On observe une augmentation généralisée dans les années 2000, tant pour les fréquences que pour les niveaux des sanctions. Cela ne signifie pas pour autant qu'il y ait davantage d'abus. L'échange d'informations entre le niveau régional et le niveau fédéral fonctionne beaucoup mieux depuis 2004. L'équipement informatique et les bases de données se sont considérablement améliorés. Difficile, dans ce contexte, de tirer la conclusion hâtive qu'il y a plus de fraudeurs.

Les patrons fustigent le système belge d'allocations de chômage illimité dans le temps qui est unique en Europe. Avec raison ?

La non-limitation dans le temps est certes rarissime en Europe. Mais, dans les pays qui pratiquent la fin de droit, il existe un système d'assistance plus ou moins généreux. Certains offrent aussi des aides au logement pour les chômeurs, des aides au niveau fiscal, etc. Evidemment, la fin de droit signifie une rupture pour l'individu qui quitte un système d'assurance pour un système d'assistance plus intrusif au niveau de la vie privée. Bref, si on agrège les données comme le fait l'OCDE, on constate que la Belgique n'est certainement pas en queue de peloton en termes de « générosité » vis-à-vis des chômeurs, mais elle n'est pas non plus en tête pour toutes les catégories.

ENTRETIEN : THIERRY DENOËL

Retrouvez notre dossier complet sur les allocations de chômage dans le Vif/L’Express du 4 novembre.

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Réactions

marcel4 | 12 novembre 2011

S'attaquer aux chômeurs alors qu'il n'y a PAS ASSEZ DE TRAVAIL, n'a qu'un but c'est de faire pression sur les chômeurs ET LES SALARIES pour qu'ils acceptent n'importe qu'elle travail, à n'importe quel salaire et à n'importe quel condition de travail, insalubre, poste coupé, etc.... Voir les dépressions et le burn-out en augmentation constante. Pour un salarié savoir qu'il risque de crever de faim, perdre sa maison, etc ...s'il tombe au chômage est un pistolet sur la tempe, une baïonnette dans le dos. JE LE SAIS car je l'ai vécu. Les employeurs ou les cadres ne s'en privent pas; "PAS CONTENT, il y en a dix qui attendent derrière la porte" .N'importe quel salarié qui accepte cela est complètement STUPIDE.

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sullysullysully3 | 7 novembre 2011

il ne faut pas oublier qu'il y a des différences de salaires entre les différentes communes de Bruxelles pour un même poste mais surtout si on travaille du côté néerlandophone ou wallonie. A bxl la vie est plus chère, moins bien payé + faire test linguistique et avec tout cela on n' a même pas le salaire d'ailleurs malgré tout les efforts supplémentaires.

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sullysullysully3 | 7 novembre 2011

Je pense qu'il ne faut pas diminuer les allocations de chômage mais il est abérrant que les bénéficiaires de chômages, allocations de mutuelles bénéficient encore d'autres avantages car au final leur ressource officielle son inférieure au salaire mais supérieure si on fait une analyse holistique de la situation + vive le temps libre pour du travail supplémentaire + récupération fiscale. Supposons qu'une personne qui commence à travailler assistant social, infirmer, etc ils ont un salaire inférieur à 1400€ pourtant il peuvent être à charge aussi d'enfant et ils n'auront aucun avantage social. Par contre le chômeur, le cpas, ... ils vont bénéficier de la carte santé à bxl 1€ la consultation, stib max 10€/an, logement social +-700€ pour une famlle de 5 + client protégé sibelga, ticket de train +-4€ partout en Belgique vive la journée à la mer.... Le travaillairur paiera 48€/mois stib remboursé à 60% et parfois 80%, visite médicale min 20€, logement privé +700€/mois sans être client protégé sibelga,.... Dans certaine profession sociale l'employeur ne paie meme pas le montant minimum légal donc le fédéral doit rajouter des plus mais il faut garder le sourire on sera taxé. Le travailleur bxl la mer avec un go pass min 15€ aller-retour en seconde classe bien entendu,.... Le train est remboursé à 60%. Les travailleurs sont sanctionnés à travailler surtout dans le secteur social. Un constat en Belgique, il faut mieux être mieux être politicien --> après à la mutuelle (cfr tous les avantages) -< cpas (carte santé, aide alimentaire, logement social, prise en charge frais enfant,.... après allocataires de chômage qui ont bcp moins d'avantage sauf si vous êtes chômeurs de klongue durée et pour finir les travailleurs de la classe base ou moyenne. On compare les acs,... sans faire de parallèle avec les travailleurs. Vous avez fait une étude entre les pays de façon très simpliste mais c'est déjà un bon début. Pour finir petite anecdote : Un étudiant en dernière année avocat et ayant un papier prouvant qu'on va l'engager d'ici maximum 2 mois, se voit refuser un prêt à la banque pour acheter une maison même si on compte était en positif pour payer les quelques traites. Le banquier refuse et demande s'il est en ménage il dit oui ma compagne est au chômage alors le banquier dit qu'il accorde le prêt. L'étudiant demande pourquoi???????????? la réponse fut celle-ci le revenu du chômage est garanti et en plus vous aurez des meilleurs taux.

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jojo2 | 7 novembre 2011

Diminuer les allocations de chômage va faire chuter les salaires ?? Je ne vois vraiment pas pourquoi. Fixez un terme à la couverture chômage et vous verrez le nombre de chômeur diminuer (voir expérience en hollande notamment). On devrait aussi vérifier les recherches d'emploi: certains postulent n'importe comment pour obtenir une lettre négative, preuve qu'ils ont cherché !!

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adros | 5 novembre 2011

CE QU'IL FAUT - Globaliser en Intègrent tous les avantages extras légaux (Voiture de société, Chèque repas, Assurance hospitalisation, Etc.) dans le revenu professionnel et payer les impôts et cotisations sociales sur l'ensemble des revenus. - Supprimer les systèmes de prépensions ou par principe d'égalité, offrir le même droit à la prépension pour tous. - Remplacer la prépension par l'obligation de prester à mi-temps à partir de 55 ans jusqu'à 65 ans pour tous les travailleurs. - Question : Pourquoi certains travailleurs de plus de 50 ans doivent-ils en cas de licenciement (souvent en raison de leur âge) se contenté du chômage et être refusé pour un emploi en raison de son âge ?? - 2 mi-temps pour travailleurs âgés fournis un emploi à temps plein pour un jeune. - Quant tous les travailleurs pourront retrouver un emploi modifier le système du chômage. - Limiter le chômage à 6 mois par année (12 mois) complète de travail. - Arrêter le système des allocations de chômage d'attente pour les jeunes qui n'ont jamais travaillé.

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