Violence intrafamiliale: Turtelboom ne veut pas faire de la prison une solution

13/02/14 à 17:28 - Mise à jour à 17:28

Source: Le Vif

(Belga) Les peines de prison ne sont pas le moyen ultime de résoudre les différends familiaux, a expliqué jeudi la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom , à la Chambre en réponse à des questions de Kristien Van Vaerenbergh (N-VA) et Wouter De Vriendt (Groen) sur le nombre de classements sans suite dans les dossiers de violence intrafamiliale.

"Autant je peux intervenir fermement contre l'impunité, autant je veux me montrer humaine dans le problème de la violence intrafamiliale", a souligné la ministre. Selon elle, dans ce domaine, il n'est pas honnête et correct de brandir des chiffres pour démontrer une impunité. "La police et la justice ne sont pas les soins de première ligne de la société", a-t-elle ajouté. Depuis mars 2006, la police est obligée de dresser un procès-verbal quand elle constate des faits de violence intrafamiliale. De ce fait, le nombre de faits enregistrés auprès des parquets est passé de 11.634 en 2005 à 43.855 en 2006 et 62.864 en 2012. "Mais je ne veux pas que plus de constats mènent à davantage de peines de prison. Ce n'est pas comme ça que l'on aidera les familles", a précisé la ministre. Près de 75 pc de classements sans suite ne signifient pas que rien ne se passe, selon elle. Dans 40 pc des cas, une solution structurelle est trouvée et il n'est pas opportun de mener des poursuites. Il se peut aussi que les conséquences d'une condamnation soient plus graves encore pour les familles, que les preuves fassent défaut ou que la plainte soit retirée. "J'espère qu'à l'avenir, il y aura encore plus de classements sans suite car cela signifiera peut-être que plus de solutions structurelles auront pu être trouvées", a encore dit Mme Turtelboom. (Belga)

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