Une intervention en Syrie aurait des répercussions sur les prix de l'énergie

30/08/13 à 11:30 - Mise à jour à 11:30

Source: Le Vif

(Belga) Une éventuelle intervention des forces américaines et de leurs alliés en Syrie aurait des conséquences sur l'énergie en Europe. Cet impact serait de courte durée en cas d'actions limitées dans le temps, mais un contretemps pourrait entraîner des conséquences plus graves, ont estimé deux experts interrogés par l'agence Belga.

Une intervention en Syrie aurait des répercussions sur les prix de l'énergie

Les cours du pétrole sont partis à la hausse depuis l'annonce par plusieurs Etats occidentaux d'une éventuelle campagne contre le régime syrien de Bachar al-Assad. Ces déclarations font suite à l'utilisation présumée de gaz de combat contre des civils le 21 août. Une équipe d'enquêteurs de l'ONU est actuellement sur place pour faire la lumière sur les faits alors survenus dans la banlieue de Damas. "La légère reprise des économies occidentales et les besoins des pays émergents font que les tendances sont haussières à moyen terme hors situation syrienne", explique Bichara Khader, directeur du centre d'étude du monde arabe de l'UCL. Et ce alors que la Syrie n'est qu'un producteur mineur de brut, dont la capacité est quasi à l'arrêt en raison du conflit qui déchire le pays depuis mars 2011. "Le cours du pétrole ne réagit pas par rapport aux producteurs mais par rapport aux tensions géopolitiques", ajoute M. Khader. Rudolf El-Kareh, politologue spécialiste du Moyen-Orient, embraie: "Les incidences d'une aventure américaine en Syrie auront évidemment des effets négatifs sur l'économie, les matières premières et l'approvisionnement". Le professeur El-Kareh insiste également sur les conséquences humaines qu'aurait selon lui une "agression" américaine au regard du droit international. Politiquement, il y voit "un enchaînement qui peut mener loin". Il est rejoint sur ce dernier constat par Bichara Khader. "Une intervention modifierait l'équilibre politique au Liban, déjà fragile." Il ajoute que la Turquie porterait un fardeau encore plus lourd avec l'afflux grandissant de réfugiés et qu'une éventuelle implication iranienne pourrait avoir "des conséquences dramatiques". En Belgique, les ministres des Affaires étrangères Didier Reynders et de la Défense Pieter De Crem estiment qu'un mandat de l'ONU est nécessaire avant toute action en Syrie. Toutes les initiatives dans ce sens ont jusqu'à présent été bloquées par le veto de la Russie, alliée du président Assad. Le conflit en Syrie a fait plus de 100.000 morts et plusieurs millions de déplacés depuis mars 2011, selon des chiffres des Nations Unies. (Belga)

Nos partenaires