Un prof prié de ne pas révéler son homosexualité en classe - Bianca Debaets dresse un parallèle avec "Femme de la rue"

22/08/14 à 00:55 - Mise à jour à 00:55

Source: Le Vif

(Belga) Qu'un candidat-enseignant ait été prié, lors d'un entretien d'embauche dans une école primaire néerlandophone de Bruxelles, de ne pas révéler son homosexualité en classe, est comparable à la situation d'une femme du documentaire "Femme de la rue", harcelée dans la capitale, et à qui l'on demanderait de changer d'attitude, a estimé jeudi la secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances, Bianca Debaets.

L'histoire de cet enseignant de 31 ans, David Degreef, suscite l'émoi depuis quelques jours. Lors d'un entretien d'embauche début juillet, la directrice d'une école primaire de la Ville de Bruxelles lui avait signifié qu'il était préférable qu'il ne dévoile pas son homosexualité à ses élèves. Il a été engagé, mais à la mi-août, a décidé de renoncer à ce poste, affirmant sur les réseaux sociaux qu'il ne pouvait mentir à ses élèves sur ce qu'il est. Le directeur général du département de l'Instruction publique de la Ville de Bruxelles, Charles Huygens, s'est étonné de cette réaction. "Aucune discrimination, quelle qu'elle soit, n'est tolérée à la Ville de Bruxelles. Le chef d'établissement a simplement rappelé au candidat son devoir de réserve et sa neutralité. Celle-ci concerne autant l'orientation sexuelle, conviction politique ou religieuse", a-t-il expliqué dans un communiqué. Mais Bianca Debaets (CD&V) n'est pas de cet avis. La secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances a affirmé jeudi soir que ce n'était pas à des enseignants homosexuels de s'adapter à un "environnement hostile". "Nous pouvons essayer de sensibiliser cet environnement à aborder la diversité", indique-t-elle. Et de dresser un parallèle avec le documentaire "Femme de la rue", montrant à quel point une femme se baladant en rue à Bruxelles pouvait être victime d'agressions verbales à caractère sexiste. "C'est l'auteur (de la discrimination) qui doit adapter son comportement, pas la victime", a rappelé Mme Debaets. "S'il apparaît que des élèves bruxellois éprouvent des difficultés avec des enseignants homosexuels, nous pouvons organiser des groupes de travail ou des campagnes sur la diversité", a-t-elle ajouté. Mme Debaets a entre-temps invité M. Huyghens pour discuter de la manière d'aborder ce thème. (Belga)

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