Un patron américain se moque d'ouvriers français qui "ne travaillent que trois heures"

20/02/13 à 09:37 - Mise à jour à 09:37

Source: Le Vif

(Belga) Le PDG de l'entreprise américaine Titan international, qui a renoncé à reprendre une usine de pneus Goodyear dans le nord de la France, se moque des "soi-disant ouvriers" français qui "ne travaillent que trois heures" par jour dans un courrier adressé au gouvernement.

Un patron américain se moque d'ouvriers français qui "ne travaillent que trois heures"

"J'ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures", écrit Maurice M. Taylor au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg dans cette lettre publiée par le quotidien Les Echos. "Je l'ai dit aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France", ajoute le PDG de Titan dans cette missive datée du 8 février. Cette lettre se présente comme une réponse à un courrier du 31 janvier du ministre français demandant à Titan d'entamer des discussions pour une reprise de l'usine d'Amiens menacée de fermeture par Goodyear. "Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? ", répond M. Taylor. "Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin", ajoute-t-il. "Le fermier français veut des pneus pas chers. Il se moque de savoir s'ils viennent de Chine ou d'Inde". Interrogé mercredi soir, Arnaud Montebourg a refusé de commenter cette lettre. "Je ne veux pas nuire aux intérêts de la France", a-t-il dit. Dans sa missive, le PDG du groupe américain prévoit aussi un avenir sombre aux activités du géant français du pneumatique Michelin en France. "Dans cinq ans, Michelin ne pourra plus produire de pneus en France", affirme-t-il. Goodyear a annoncé fin janvier que l'usine d'Amiens Nord allait fermer, menaçant 1.173 postes. En raison de la crise économique notamment, plusieurs sites industriels sont promis à la fermeture en France, mettant le gouvernement en difficulté. (DEL)

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