Tunisie - La coalition sortante seule à négocier sur le futur gouvernement

07/03/13 à 14:34 - Mise à jour à 14:34

Source: Le Vif

(Belga) Seuls les trois partis de la coalition au pouvoir sortante négociaient encore jeudi la composition du gouvernement tunisien, toutes les autres forces politiques s'étant retirées de ces pourparlers à moins de 48 heures de l'expiration du délai légal pour la formation du cabinet.

Le parti islamiste Ennahda et ses alliés laïques, Congrès pour la république (CPR) du président Moncef Marzouki et Ettakatol, se sont retrouvés jeudi à la mi-journée dans un palais de Carthage, en banlieue de Tunis, a rapporté la télévision d'Etat. Ennahda espérait élargir l'alliance au parti Wafa (dissidents CPR), ainsi qu'aux groupes parlementaires Alliance démocratique (dissidents de divers partis) et "Liberté et dignité" (députés de différents horizons dont certains de tendance islamiste), mais ces trois formations ont annoncé leur retrait définitif jeudi. La reconduction de la coalition sortante, la Troïka, n'est par ailleurs pas garantie. D'importants désaccords subsistent notamment sur l'identité des ministres de l'Intérieur et de la Justice ainsi que la question de la dissolution de la Ligue de la protection de la révolution, sorte de milice pro-islamiste accusée par une large part de la classe politique d'attaques brutales. Le ministre de l'Intérieur sortant, l'islamiste Ali Larayedh a été chargé le 22 février de former un nouveau gouvernement après la démission du Premier ministre Hamadi Jebali qui n'avait pu imposer à son parti, Ennahda, un gouvernement composé exclusivement de personnalités apolitiques. Il disposait de 15 jours pour présenter son équipe et son programme au président Moncef Marzouki, un délai qui expire normalement vendredi à minuit. La Tunisie est plongée dans une crise politique aggravée par l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd. Le pays est aussi déstabilisé par des conflits sociaux dégénérant en violences, le chômage et la misère, facteurs clé de la révolution de 2011, continuant de faire des ravages. (MUA)

Nos partenaires