Tensions à Paris après l'interdiction d'un rassemblement propalestinien à haut risque

26/07/14 à 16:52 - Mise à jour à 16:52

Source: Le Vif

(Belga) Plusieurs centaines de personnes, militants de la cause palestinienne et de la gauche radicale, ont bravé, samedi à Paris, l'interdiction de manifester décidée par le gouvernement, par crainte de violences et débordements antisémites.

Tensions à Paris après l'interdiction d'un rassemblement propalestinien à haut risque

Criant "Israël assassin, Hollande complice" ou "nous sommes tous des Palestiniens", les militants se sont rassemblés, comme initialement prévu, place de la République, en plein centre de Paris, à 15h00, surveillés par un important dispositif policier, avec contrôles d'identité et fouilles. Tout près du lieu de rassemblement, les forces de l'ordre montaient notamment la garde à l'entrée de la rue Notre Dame de Nazareth, où se trouve une synagogue. Les autorités ont mobilisé quelque 2.000 policiers qui ont reçu des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas de non-respect de l'interdiction de manifester ou de "slogans ou manifestations antisémites". A Barbès, quartier populaire parisien, où une manifestation déjà interdite avait dégénéré le 19 juillet, la police a procédé en début d'après-midi à l'interpellation de quatre personnes appelant à se rendre à la manifestation. "Cette manifestation est illégale, mais pour nous, elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer", explique Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche) qui avait appelé à la manifestation. La manifestation a été interdite en raison, selon les autorités, de forts risques de débordements, à l'image de deux précédents rassemblements ayant dégénéré en violences et actes antisémites. Saisi par les organisateurs, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative du pays, avait confirmé l'interdiction samedi en début d'après-midi. Contrairement à d'autres manifestations propalestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction par les autorités de certains rassemblements et sur la montée de l'antisémitisme. Critiqué par sa gauche et par une partie de l'opposition de droite pour avoir joué le pompier pyromane en interdisant des manifestations, le président François Hollande a défendu son credo: "faire respecter l'ordre républicain et refuser les slogans qui expriment la haine". (Belga)

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