Moncef Marzouki : "La société tunisienne rejette les salafistes"

Moncef Marzouki : "La société tunisienne rejette les salafistes"

A son arrivée au palais de Carthage, au lendemain de son élection, le 12 décembre 2011, à la présidence de la République tunisienne par l'Assemblée constituante, Moncef Marzouki a délaissé le bureau de son prédécesseur, Zine el-Abidine ben Ali, préférant poser son ordinateur dans celui de Habib Bourguiba, le "père" de l'indépendance, dont il a installé la photo près de sa table de travail, à côté de celle de Salah ben Youssef, qui fut le principal adversaire de ce dernier au sein du mouvement nationaliste. C'est là qu'il a reçu Le Vif/L'Express, avant une séance photos dans les caves du palais, où Ben Ali avait remisé les objets laissés par Bourguiba. Militant des droits de l'homme, laïc, opposant depuis toujours à la dictature, Marzouki a fait le pari de travailler avec les islamistes, plutôt que d'entrer dans une logique d'affrontement. Un choix qu'il défend avec passion, convaincu que le "compromis historique" qui se dessine en Tunisie, parfois dans la douleur, aura valeur d'exemple dans le monde arabe.