Une anomalie cérébrale serait à l'origine de la dyslexie

28/12/11 à 19:31 - Mise à jour à 19:31

Source: Le Vif

Selon des travaux menés par des chercheurs de l'Inserm et du CNR, une seule anomalie dans le cortex auditif du cerveau pourrait être à l'origine des trois principales difficultés rencontrées par les dyslexiques.

Une anomalie cérébrale serait à l'origine de la dyslexie

© Thinkstock

Associer une lettre à un son n'est pas aisé pour tout le monde. Et c'est cette difficulté à faire correspondre les graphèmes (lettres ou groupes de lettres) aux phonèmes (sons de la parole) qui caractérise la dyslexie. Cela entraîne notamment un trouble de l'apprentissage de la lecture qui peut être très handicapant.

Selon des travaux menés par des chercheurs de l'Inserm et du CNRS et publiés dans la revue Neuron du 21 décembre, une seule anomalie dans le cortex auditif du cerveau pourrait être à l'origine des trois difficultés principales rencontrées par les dyslexiques. A savoir, réussir à manipuler mentalement des sons de parole, les difficultés de mémorisation à court terme (comme la capacité à répéter une liste de mots) et un ralentissement de la capacité de nommer rapidement des séries d'images.

Une sensiblité réduite du cortex gauche

Depuis longtemps, l'hypothèse majoritaire des scientifiques est que la dyslexie serait due à une anomalie du développement d'aires cérébrales impliquées dans la représentation et le traitement des sons de la parole (la phonologie).

Pour étudier cela, les chercheurs de l'Inserm et du CNRS ont enregistré l'activité cérébrale de 44 adultes, dont 23 dyslexiques, en réponse à un bruit dont le rythme oscillait entre 10 et 80 Hz. Résultat: les dyslexiques ont montré une sensibilité réduite du cortex auditif gauche aux sons modulés autour de 30 Hz.
Or, la réponse du cortex gauche à ces fréquences serait nécessaire au découpage de la parole en unités linguistiques pouvant être associées aux lettres. D'où la difficulté à nommer rapidement une série d'images.

Anne-Lise Giraud, co-auteure de l'étude, explique ainsi à France Soir que les dyslexiques "découpent tellement finement les sons qu'ils ne peuvent pas les associer aux graphèmes".

En revanche, les dyslexiques montrent une sensiblité accrue aux modulations d'amplitude des sons situées au-delà de 40 Hz. Ce qui expliquerait le déficit de mémoire à court terme. En effet, poursuit la neurobiologiste Anne-Lise Giraud dans le quotidien, "s'ils découpent de façon plus fine, ils font davantage de petits paquets et ça encombre leur mémoire à court terme".

Lucie Soullier

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