Un agriculteur français tué par les pesticides

20/01/11 à 09:43 - Mise à jour à 09:43

Source: Le Vif

Un viticulteur français est mort d'une leucémie, reconnue comme maladie professionnelle, après des expositions répétées aux pesticides.

Un agriculteur français tué par les pesticides

© Thinkstock

Il se battait pour interdire l'utilisation de pesticides mais n'a pas eu le temps de gagner son combat. Yannick Chenet, un agriculteur de 43 ans, est décédé d'une leucémie contractée à la suite d'expositions répétées aux pesticides, ce samedi dans sa commune de Ruffec en Charente (côte ouest).

Ce viticulteur, avait été exposé à des pesticides pendant de nombreuses années. Il avait contracté la leucémie qui l'avait empêchée de poursuivre l'exploitation de ses terres. En 2006, il avait obtenu de la Mutualité sociale agricole (MSA) la reconnaissance de maladie professionnelle pour son cancer du sang.

Si aucun produit n'a été pointé du doigt par la MSA, les soupçons se sont portés sur le benzène, "fréquemment utilisé comme solvant ou diluant", selon Sud-Ouest qui précise qu'"une première jurisprudence, en 2003, concernant un agriculteur de la Meuse" lui avait permis d'obtenir satisfaction.

Son combat contre l'utilisation des pesticides avait été raconté dans le film de Jean-Paul Jaud, Severn, sorti en France en novembre 2010 (voir la bande-annonce ci-dessous). Yannick Chenet, avec un autre agriculteur, Paul François, y témoignaient de leur combat contre la firme Monsanto qui fabrique les pesticides qui les ont empoisonnés.


"Arrêtons le massacre. Nous avons le devoir de clamer haut et fort que notre terroir nous tue. On ne peut rester indifférent à la mort de Yannick et à toutes les autres qui vont venir. Refusons cette omerta dont s'accommodent la majorité des agriculteurs", a réagi Jean-Paul Jaud dans Sud-Ouest.

"Nous avons la conviction très forte qu'au vu de cette nouvelle, le combat doit se poursuivre en mémoire de toutes celles et ceux qui, comme Yannick, voient leur vie s'arrêter parce qu'ils ont utilisé des produits auxquels ils n'auraient pas du être exposés", a déclaré Nadine Lauverjat, porte-parole de l'association Générations Futures.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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