Sans OGM, l'agriculture européenne n'a-t-elle pas d'avenir?

25/04/13 à 19:47 - Mise à jour à 19:47

Source: Le Vif

L'Union européenne (UE) ne peut pas atteindre les objectifs de sa politique agricole sans introduire de cultures génétiquement modifiées (OGM) et sape sa compétitivité dans l'agriculture en s'y opposant, assure une étude publiée jeudi aux Etats-Unis.

Sans OGM, l'agriculture européenne n'a-t-elle pas d'avenir?

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"Sans les OGM, l'UE va devenir presque entièrement dépendante du reste du monde pour se nourrir", estime Paul Christou, du centre Lleida-Agrotecnio et de l'Institució Catalana de Recerca i Estudis Avançats en Espagne, un des principaux auteurs de ces travaux. "Le reste de la planète a adopté la technologie des OGM très impopulaire en Europe qui représente pourtant la seule façon de développer une agriculture durable", ajoute-t-il dans un communiqué.

Selon ce chercheur, dont les travaux paraissent dans la revue américaine Trends in Plant Science, "nombre d'aspects de la Politique agricole commune, y compris ceux concernant les OGM, sont contradictoires et font obstacle aux objectifs même qu'elle a établis".

A titre d'exemple, il cite la "Stratégie de Lisbonne" visant à créer une bio-économie basée sur le savoir scientifique et qui reconnaît le potentiel des OGM pour y parvenir".

Mais, ajoute le chercheur, "la politique de l'UE sur la culture des OGM a créé un environnement qui rend cette stratégie impossible à mettre en oeuvre".

En réalité, il existe un moratoire de fait en Europe sur les cultures génétiquement modifiée de maïs, de coton et de soja, même si ces mêmes productions sont importées dans l'UE qui n'en produit pas suffisamment avec les cultures conventionnelles, soulignent les auteurs de ce rapport.

Il relève que l'UE a également interdit à ses agriculteurs d'utiliser un grand nombre de pesticides et restreint aussi des méthodes de contrôle non-chimiques des insectes tout en autorisant l'importation d'aliments pourtant produits de la même manière.

Avec une telle approche l'UE "sape sa propre compétitivité dans le secteur agricole à son détriment et à celui de ses activités humanitaires dans le monde en développement", jugent aussi les auteurs de cette étude.

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