Pourquoi ne se rappelle-t-on pas avoir été un bébé ?

13/05/14 à 16:22 - Mise à jour à 16:22

Source: Le Vif

Pour quelle raison n'a-t-on pratiquement pas de souvenirs avant l'âge de trois ans ? Une étude publiée dans le magazine Science a peut-être trouvé une explication à cette amnésie infantile.

Pourquoi ne se rappelle-t-on pas avoir été un bébé ?

© Thinkstock

Des médecins de l'hôpital pour enfant de Toronto viennent de publier le résultat de leurs travaux dans la revue Science. Pour eux le souvenir de nos premières années s'efface, car il y a tellement de nouveaux neurones qui sont fabriqués à ce moment-là de notre existence que ceux-ci perturbent la mémoire. Tout au long de notre vie le cerveau fabrique, notamment dans l'hippocampe, des nouveaux neurones. Mais cette production est nettement plus active durant les premières années.

L'énergie est tellement concentrée sur la production de nouvelles cellules que l'activité de stockage des informations est mal effectuée. N'étant plus facilement retrouvables, les souvenirs s'effacent. Ce qui expliquerait aussi pourquoi il faut répéter sans cesse la même chose aux jeunes enfants.

Pour vérifier leur théorie, les auteurs de l'étude ont fait appel à des souris et des cochons d'Inde. Ils ont associé de légers chocs électriques à un endroit bien précis, créant ainsi des souvenirs. En boostant la création de neurones, ils se sont rendu compte que les souris se souvenaient moins bien. Et celles dont on n'avait pas encouragé la création de neurones se souvenaient mieux.

Comme le rappelle le site Vox, il existe de nombreuses théories sur l'amnésie infantile que cette dernière publication ne vient pas forcément contredire. Pour Mazen Kheirbek qui étudie la création de nouveaux neurones à l'université de Columbia, ce n'est peut-être pas le nouveau neurone en lui-même qui fait la différence, c'est "peut-être justement l'oubli qui permet d'acquérir plus facilement de nouveaux savoirs. Qu'en préservant les anciens souvenirs, on empêche la création de nouveau."

Comme le précise Paul Frankland qui a dirigé l'étude, "l'oubli est important puisqu'on n'a qu'une capacité de mémoire limitée. C'est pourquoi il faut se séparer des déchets pour ne garder que les événements les plus précieux".

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