Ou en est la Mission ExoMars ?

20/10/16 à 17:48 - Mise à jour à 17:47

Source: Afp

Une sonde en orbite autour de Mars, un atterrisseur aux abonnés absents: où en est la mission ExoMars?

Ou en est la Mission ExoMars ?

La planète Mars © Reuters

Où est Schiaparelli et dans quel état?

L'atterrisseur est à la surface de Mars mais l'Agence spatiale européenne (ESA) ne sait pas dans quel état il se trouve. Il a cessé d'émettre un signal radio peu avant le moment où il devait toucher le sol mercredi. Il est tout à fait possible qu'il n'ait pas survécu et qu'il soit en morceaux. Les données envoyées par Schiaparelli et recueillies par la sonde européano-russe TGO, sont encore en cours de dépouillement. Mais plus les heures passent et plus il y a des raisons d'être pessimiste.

A quel moment est survenu le problème?

Vers la fin des "six minutes de terreur" qui s'écoulent entre l'entrée d'un module dans la fine atmosphère martienne et l'impact au sol. A 120 km de la surface, Schiaparelli est entré dans l'atmosphère à la vitesse de 21.000 km/heure. Son bouclier thermique l'a protégé efficacement. Son grand parachute s'est ensuite déployé pour réduire encore son allure. La situation s'est grippée à partir de l'éjection du bouclier thermique arrière et du parachute, selon les données recueillies par TGO. "Il semble que cette éjection se soit produite plus tôt que prévu mais il faudra attendre que l'ensemble des données aient été analysées pour en avoir la certitude", souligne l'ESA. Les rétrofusées, chargées de freiner Schiaparelli à la fin de la descente, se sont brièvement activées mais elles se sont vraisemblablement éteintes trop rapidement, à une altitude qui reste à déterminer.

Schiaparelli a cessé de transmettre des données environ 50 secondes avant l'heure prévue pour l'impact (14h48 GMT, 16h48 heure de Paris).

Si Schiaparelli est perdu quelles conséquences immédiates?

Avec Schiaparelli, l'Europe spatiale entendait démontrer sa capacité à faire atterrir en douceur un module sur Mars, treize ans après l'échec du petit atterrisseur Beagle 2. Si le scénario qui se dessine actuellement se confirme, elle aura essuyé un nouveau revers. Pourtant, cette fois-ci, l'ESA a mis les moyens en mettant sur la table 230 millions d'euros pour Schiaparelli. Elle a aussi pris le soin de barder le module de capteurs pour qu'ils enregistrent toute la phase périlleuse. Grâce à cela, elle saura précisément ce qui n'a pas fonctionné et pourra en tirer les conséquences pour l'avenir.

Ce module technologique est "un test qui est là pour prendre des données" sur l'entrée, la descente et l'atterrissage, a souligné le directeur général de l'ESA Jan Woerner. "Nous avons les données". Le module a été conçu pour vivre quelques jours seulement à la surface de Mars. Son rôle scientifique est restreint mais il est quand même équipé d'une station météo.

Cela peut-il nuire à la mission dans son ensemble?

"L'exploration de Mars est difficile mais c'est pour cela qu'il faut la faire", a souligné David Parker, directeur des Vols habités et de l'exploration robotique à l'ESA. ExoMars 2016 n'est que le premier volet d'une ambitieuse mission en deux temps. En 2020, l'Europe et la Russie prévoient d'envoyer sur Mars un gros robot mobile qui doit s'appuyer sur les développements technologiques de Schiaparelli. Il effectuera des forages pour tenter de retrouver des traces d'une vie bactérienne passée.

Les mésaventures de Schiaparelli ne vont pas faciliter la tâche de l'ESA qui est à la recherche d'un financement complémentaire de 300 millions d'euros pour ExoMars. Pour l'ESA, le coût budgété des deux missions est actuellement de 1,5 milliard d'euros mais ce n'est pas suffisant.

Plein succès pour la sonde TGO

Les déboires de Schiaparelli ne doivent pas cacher le succès de la sonde scientifique TGO qui a parfaitement réussi son insertion en orbite de Mars mercredi. Elle a démontré également qu'elle allait pouvoir servir de relais de communications aux sondes autour de Mars.

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