Le gras devrait être considéré comme la sixième saveur, selon des chercheurs

30/07/15 à 10:28 - Mise à jour à 10:28

Cette nouvelle saveur devrait être appelée "oleogustus" du latin Oleo, huileux et gustus pour goût, ont expliqué ces scientifiques de l'Université Purdue (Indiana), dont l'étude est publiée dans la revue britannique Chemical Sense.

Le gras devrait être considéré comme la sixième saveur, selon des chercheurs

© iStock

"La plupart des graisses que nous consommons se trouvent sous la forme de triglicérides, des molécules formées d'acide gras", explique Richard Mattes, professeur de science de la nutrition à l'Université Purdue et principal auteur de ces travaux.

"Les triglycérides donnent des textures agréables aux aliments comme surtout l'onctuosité mais ne sont pas vraiment des stimulants gustatifs", précise-t-il dans un communiqué.

Pour tenter de cerner la saveur unique de ces acides gras, ces chercheurs ont fait appel à une centaine de participants à qui ils ont demandé de classer le goût par rapport aux saveurs de base.

Ils ont tous estimé que le goût des graisses était unique et différent de ceux des autres échantillons testés, certains le jugeant amer, irritant voire déplaisant.

"Le goût de ces acides gras lui-même n'est pas plaisant et quand leur concentration est élevée dans des aliments, il y a un phénomène de rejet par la personne qui les consomme comme si la nourriture était rance", relève le professeur Mattes qui étudie les mécanismes et les fonctions du goût.

Mais poursuit-il, à faibles doses, le goût de ces acides gras peut améliorer la saveur tout comme des substances amères peuvent donner une touche exquise au vin, au café ou au chocolat.

Outre cette étude, ce scientifique analyse avec son équipe des données, provenant d'un millier de participants, portant sur la génétique de la saveur du gras.

La découverte sur le goût unique des acides gras pourrait aider l'industrie agroalimentaire à produire des substituts à ces substances. Jusqu'à présent, ces produits de substitution ne reproduisent que la structure des gras, mais pas leur saveur, expliquent les chercheurs.

La biologie moléculaire a montré que le salé et l'acide étaient très proches l'un de l'autre et se distinguaient fondamentalement du sucré et de l'amer.

Les récepteurs du sucré et de l'amer sont en effet très différents de ceux de l'acide et du salé, expliquent les scientifiques. Les premiers font partie des récepteurs couplés aux protéines dites G (RCPG) dont la découverte a valu le prix Nobel de chimie aux américains Robert Lefkowitz et Brian Kobilka en 2012.

Avec l'Afp

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