La preuve est dans les gènes: chimpanzés et bonobos se sont croisés dans le passé

28/10/16 à 10:26 - Mise à jour à 10:26

Source: Afp

Des croisements entre chimpanzés et bonobos, les deux plus proches cousins de l'homme, se sont produits à plusieurs reprises dans le passé, révèle le séquençage des génomes de ces deux grands singes.

La preuve est dans les gènes: chimpanzés et bonobos se sont croisés dans le passé

© iStock

Selon une étude publiée jeudi dans la revue américaine Science, 1% des gènes des chimpanzés proviennent des bonobos.

Les chimpanzés et les bonobos ont divergé d'un ancêtre commun il y a 1,5 à 2 millions d'années et ont vécu dans des parties distinctes de l'Afrique tropicale. L'étude génétique a confirmé leur séparation il y a environ 1,5 million d'années et l'existence de quatre sous-espèces de chimpanzés dans différentes régions.

Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient qu'un échange de gènes était impossible car les deux espèces étaient physiquement séparées par le fleuve Congo.

Mais le séquençage des génomes a montré deux échanges ultérieurs: il y a entre 200.000 et 550.000 ans puis il y a 150.000 ans, ce qui indique que certains primates ont réussi à traverser le fleuve.

"Cette découverte laisse penser que des croisements entre des espèces de primates proches pourraient en fait avoir été fréquents parmi les ancêtres de l'homme et des grands singes actuels", pointe Tomas Marquès-Bonet, de l'Institut de biologie de l'évolution à Barcelone, en Espagne.

Des croisements qui rappellent ceux survenus entre les humains et leur cousin éteint, l'homme de Néandertal. Le génome des humains, à l'exception de ceux d'origine africaine, contient en effet entre 1% et 3% de gènes néandertaliens.

L'étude indique aussi que la génomique peut aider à révéler l'origine géographique des chimpanzés, ce qui devrait considérablement aider les efforts de conservation.

Les chimpanzés et les bonobos, dont l'habitat se limite à l'Afrique tropicale, sont des espèces en danger d'extinction et de ce fait protégées. Malgré cela, de très nombreux grands singes sont toujours capturés illégalement.

"Cette étude peut aider à remettre en liberté dans la nature les chimpanzés capturés illégalement et à produire des preuves pour poursuivre les coupables", estime Chris Tyler Smith, un chercheur du Wellcome Trust Sanger Institute au Royaume-Uni.

Les auteurs ont séquencé le génome entier de 75 chimpanzés et bonobos vivant dans dix pays africains, dont 40 chimpanzés nouveaux-nés venus au monde dans des zones géographiques connues.

Nos partenaires