La Belgique, championne des embouteillages

24/09/12 à 17:05 - Mise à jour à 17:05

Source: Le Vif

Nous devançons de peu les Pays-Bas dans le championnat européen des bouchons, annonce une enquête récente. La bonne nouvelle est qu'en 2011, nous avons perdu un peu moins de temps, donc d'argent, dans les encombrements qu'en 2010. Un effet de la crise...

La Belgique, championne des embouteillages

© Inrix/Imageglobe

La crise a de bons côtés. Les embouteillages sont un peu moins nombreux. En 2011, l'automobiliste belge a passé en moyenne deux heures de moins dans les bouchons qu'en 2010. L'écart est plus grand dans les pays les plus touchés par la crise, comme l'Espagne (où l'automobiliste a gagné six heures).

Ces résultats proviennent d'un rapport publié par la société américaine Inrix, spécialisée dans la mesure du trafic en temps réel. Elle est présente dans 18 pays d'Europe occidentale, ce qui limite un peu la comparaison. La Pologne ou la République tchèque n'y figurent pas. Le rapport place aussi Bruxelles et Anvers en deuxième et troisième position parmi les villes européennes les plus encombrées, derrière Milan.

De quoi relancer le débat sur les péages urbains ? L'idée figure de manière floue dans le plan de mobilité Iris 2 de la Région de Bruxelles-Capitale, qui vise à réduire le trafic automobile de 18 % à l'horizon 2018. Ces péages urbains existent déjà à Londres, Stockholm ou Milan. Cette dernière ville a introduit le système en janvier dernier (pour les jours de semaine et durant la journée au prix de 5 euros, sauf pour les voitures hybrides et électriques).

Le plan Iris 2 envisage la mesure, mais la ministre chargée des Transports, Brigitte Grouwels, préfère de loin une redevance kilométrique intelligente (avec un compteur à bord des véhicules, doté d'un GPS), pour la zone RER (Bruxelles et le Brabant).

Cacophonie régionale

La réticence à instaurer un péage tient à la crainte de rendre la Région moins attractive à l'égard des entreprises. Et ces péages ne régleraient en outre nullement les bouchons sur le Ring, situé en grande partie hors de la Région.

La gestion des embouteillages est compliquée par la mauvaise coordination des politiques de transports et d'infrastructure entre les Régions, et même entre Régions et communes. La ville de Bruxelles a réduit le nombre de bandes de circulation sur l'axe entre la gare du Midi et la place Rogier sans concertation avec la Région et envisage même de passer au piétonnier intégral.

Le signe le plus évident de cette cacophonie est la faiblesse des études nationales de mobilité. Il faut attendre des rapports de sociétés américaines comme Intrix, ou néerlandaise comme TomTom, pour avoir une idée du niveau des embouteillages et une comparaison internationale. Une autre initiative privée, le service Touring Mobilis, opérée par Be Mobile, fournit les informations de trafic en temps réel au niveau national.

La solution la plus souvent avancée est la promotion des transports en commun, par augmentation de l'offre. Cette politique a été menée, à coup de subsides supplémentaires, durant la décennie précédente, avec succès pour l'usage des transports en commun, mais les finances publiques actuelles ne l'autorisent plus. Et, de toute manière, elle n'avait nullement freiné la croissance du parc automobile.

Robert Van Apeldoorn

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