L'extraordinaire histoire du clitoris

08/03/17 à 12:42 - Mise à jour à 14:31

Source: Le Vif

Une adolescente sur quatre ignore qu'elle a un clitoris. Mais toutes savent dessiner un pénis. Au début du XXe siècle, dans nos pays, " le mépris des hommes " était encore arraché et brûlé, alors qu'en 2016, un dictionnaire était censuré, parce qu'il osait mentionner cet organe et ses vertus. Preuve que le clitoris, pourtant connu et étudié depuis 25 siècles, continue à encombrer, tanguant inlassablement entre inutilité et embarras. En cette journée internationale des droits des femmes, gros plan sur un inouï jeu de cache-cache historique et anatomique.

En 1927, la malheureuse Marie Bonaparte, persuadée d'être "frigide", se fit déplacer le clitoris, un peu comme on bouge un canapé ou une commode dans son salon. Ainsi en va-t-il souvent des problèmes : on pense qu'ils s'évanouiront dans le ridicule, qu'ils se désagrègeront dans ce qui ressemble bien souvent à de la fiction. Le fait est que la fidèle disciple de Freud se fit découper par trois fois le bas-ventre pour pas grand-chose : de facto, l'orgasme tant espéré ne vint jamais. Marie Bonaparte remisa donc son clitoris, tout comme Le Larousse l'avait déjà fait avant elle, rayant de ses pages cette entrée, dès 1905. Dans leur méprisant sillage, dans les années 1960, les manuels d'anatomie évincèrent presque totalement cet enquiquinant organe, si inutile et si ressemblant au sexe masculin. C'était la belle époque où l'Homme marchait fièrement sur la lune.
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