L'Europe réussit le lancement de deux nouveaux satellites Galileo

28/03/15 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Source: Belga

L'Europe a réussi dans la nuit de vendredi à samedi le lancement de deux nouveaux satellites Galileo, sept mois après un raté qui avait entraîné un nouveau retard pour cet ambitieux programme concurrent du GPS américain.

L'Europe réussit le lancement de deux nouveaux satellites Galileo

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"Je suis ravi, en fonction de toutes les informations dont nous disposons et qui ont été recoupées (...), de vous dire que Adam et Anastasia sont bien sur l'orbite où ils devaient être", a déclaré le PDG d'Arianespace, la société chargée d'organiser le tir, sous les applaudissements. "C'est donc un plein succès", a-t-il ajouté.

Selon l'Agence spatiale européenne (ESA), les satellites ont été largués "sur leur orbite cible, à une altitude proche de 23.500 km, 3 heures et 48 minutes après la mise à feu du lanceur".

Une fusée russe Soyouz emportant le septième (Sat-7) et le huitième (Sat-8) satellites de la "constellation", prévue pour en compter 30, avait décollé depuis la Guyane française à 21h46 GMT, l'heure prévue.

Après le décollage, le vol des trois étages inférieurs de Soyouz a duré neuf minutes. Puis Fregat, le quatrième étage, s'est séparé du reste de la fusée et a allumé son moteur, emportant avec lui les deux satellites fabriqués par la société allemande OHB. "Ce lancement marque la reprise du déploiement de la constellation Galileo", a souligné le directeur général de l'ESA, Jean-Jacques Dordain, cité dans le communiqué de l'ESA.

"Nous avons franchi une étape supplémentaire pour doter l'Europe d'un système mondial de navigation par satellite", a souligné dans un communiqué la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska.

Décidé au début des années 2000, Galileo vise à rendre l'Europe indépendante du GPS (Global Positioning System) américain, qui rend de multiples services dans les domaines routier, maritime, etc. Mais au fil des ans, le programme a accumulé les retards pour des raisons diverses et les coûts se sont alourdis.

Le 22 août, il avait subi un sérieux revers lorsque Fregat a placé sur une mauvaise orbite deux satellites, Sat-5 et Sat-6. Une commission d'enquête a établi que le problème avait été provoqué par un gel du carburant lié à un "design imprécis" sur des tuyaux d'alimentation de Fregat, selon Arianespace.

Des actions correctrices ont été effectuées par le fabricant russe de Fregat. Fin janvier, la Commission européenne, qui finance à 100% Galileo, a fini par donner son feu vert à une reprise des tirs par Soyouz fin mars. "Avec les six nouveaux satellites qui doivent fonctionner d'ici la fin de l'année, nous approchons désormais du rythme de croisière pour la production, l'essai et le déploiement des satellites de la constellation", a estimé Didier Faivre, directeur du programme Galileo à l'ESA.

D'après l'agence, "quatre autres satellites Galileo actuellement à l'essai ou en fin d'intégration doivent encore être lancés dans le courant de 2015". Galileo doit à terme compter 30 satellites.

Quatre satellites "test" réalisés par un consortium dirigé par Airbus Defence and Space (ex-Astrium) ont été lancés en 2011 et 2012. Mais l'un d'entre eux a rencontré un problème et il ne peut fonctionner correctement pour la fonction navigation. La Commission européenne a également acheté 22 satellites fabriqués par OHB.

L'Europe espère que dès la fin 2016, Galileo aura 14 satellites en orbite et qu'il pourra rendre ses premiers services aux utilisateurs, en apportant un plus à ceux offerts par le GPS, les deux systèmes étant compatibles.

Objectif de la Commission européenne: que la constellation Galileo soit totalement opérationnelle en 2020. "La mission Galileo est remplie avec 24 satellites mais nous souhaitons avoir six satellites de rechange", avait souligné M. Faivre avant le tir. Pour le moment, l'Europe a acheté 26 satellites. Elle va donc devoir en commander d'autres d'ici le début de l'année prochaine.

Le programme Galileo a déjà coûté environ cinq milliards d'euros. Pour la période 2014-2020, l'Europe a prévu de dépenser sept milliards d'euros.

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