France : des implants mammaires sur la sellette

31/03/10 à 13:04 - Mise à jour à 13:04

Source: Le Vif

La commercialisation d'une prothèse en gel de silicone vient d'être suspendue en France. Suite à un nombre croissant et anormal de ruptures d'implants, l'Agence des produits de santé a interdit le produit fabriqué par Poly Implant Prothèse.

France : des implants mammaires sur la sellette

© Reuters- Luke Mac Gregor

Après l'inspection du site de production de la société Poly Implant Prothèse (PIP), l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a découvert une fraude inédite. La matière première des implants mammaires n'était pas celle attendue ! Il s'agit d'un gel de silicone non autorisé pour la mise sur le marché en France comme à l'étranger. Une enquête est en cours.

"Avec un taux de rupture deux fois plus élevé que les autres fabricants" précise Jean-Claude Ghislain de l'Afssaps, le produit a éveillé les soupçons de l'Agence. Habituellement, "les implants mammaires peuvent être portés pendant une dizaine d'années", explique le directeur de l'évaluation des dispositifs médicaux à l'Afssaps. Mais les prothèses PIP ont "une durée de vie moyenne plus courte que les autres marques d'implants", renchérit Jean Marimbert, patron de l'Afssaps.

Au départ, l'Agence croyait en une anomalie sur la chaîne de fabrication. Mais surprise ! "Le fabricant utilisait en majorité un gel de silicone qui ne correspondait pas à celui déclaré, donc il s'agissait de produits non évalués. Nous avons donc pris la décision de suspension de la mise sur le marché de son utilisation, assortie d'un retrait des produits", indique M. Ghislain.

Complications sans gravité Envie d'une jolie poitrine de star ? Pour toutes celles qui optent pour un nouveau corsage, la chirurgie plastique tombe à pic ! Mais certaines rumeurs peuvent ternir les ardeurs des intéressées. Les implants sont-ils vraiment fiables ? La rupture des implants est-elle fréquente et dangereuse ? N'augmente-elle pas le risque de cancer ?

Pour en finir avec certaines idées reçues, les implants mammaires en silicone ne multiplient pas le risque de cancer. Et en aucun cas ils ne gênent l'allaitement ! En revanche, des contractures capsulaires peuvent faire surface. Il s'agit d'une membrane qui se forme autour d'un implant. Ceci relève d'une réaction de défense normale de l'organisme mais lorsque cette capsule s'épaissit trop, elle forme une coque fibreuse. Parfois douloureuse, cette pellicule peut entraîner des complications esthétiques nécessitant une nouvelle intervention. Plus de peur que de mal !

En ce qui concerne les ruptures d'implants, elles surviennent généralement suite à un choc violent, à l'ancienneté de l'implant ou à une prothèse mal posée. Jusqu'à aujourd'hui, seules des réactions d'inflammations ont pu être observées.

Depuis 2001, date de réintroduction des prothèses mammaires au silicone, 8% des personnes opérées portent des prothèses PIP, soit 35.000 à 45.000 femmes. Au total, tous fabricants confondus, 500 000 françaises ont choisi une chirurgie plastique de ce type. En Belgique, le nombre de femmes concernées restent inconnues car la Direction Générale de la société française n'a pas souhaité communiquer sur la commercialisation de ces produits.

Que les futures femmes concernées par une opération d'implants mammaires se rassurent ! L'Afssaps ayant suspendu l'exportation des prothèses PIP, elles ne se retrouveront pas sur le marché belge.

Quelques recommandations

Outre le problème des implants PIP, l'Afssaps rappelle qu'une femme qui a un implant connaîtra certainement d'autres interventions dans sa vie pour que soit conservé le résultat de départ. De même, toutes les femmes opérées doivent faire l'objet d'un suivi pendant la première quinzaine suivant l'opération, 3 mois et 1 an plus tard. En cas de complication, un contrôle sera nécessaire tous les 5 ans.
Avec le retrait du marché de la prothèse PIP, l'Afssaps invite les femmes qui en sont porteuses de consulter leur chirurgien afin qu'ils leur prescrivent la réalisation d'une échographie ou d'un examen adapté.

Sarah Bourhis, avec Belga

Nos partenaires