Euthanasie : une loi qui divise toujours

18/05/12 à 08:47 - Mise à jour à 08:47

Source: Le Vif

La loi sur l'euthanasie suscite toujours la polémique entre PS et cdH. Pour les seconds, on a "banalisé la mort". Les premiers défendent une "démarche d'humanisme".

Euthanasie : une loi qui divise toujours

© Thinkstock

Dix ans après son adoption, la loi sur l'euthanasie suscite toujours la polémique entre socialistes et "humanistes". Vendredi matin, au micro de Matin Première (RTBF), Philippe Mahoux (PS) et Catherine Fonck (cdH) ont affiché leurs divergences au cours d'un échange quelque peu tendu.


Alors que le débat s'amorce sur un élargissement de la loi, Catherine Fonck a estimé que le texte actuel est déjà "extrêmement large dans son champ d'application". La loi permet l'euthanasie "aussi dans des situations qui ne sont pas des situations de fin de vie, a-t-elle déploré. Une fois sur dix, une demande d'euthanasie est acceptée alors que le décès n'est pas prévu à brève échéance."


Votée en 2002 par la majorité socialiste-libérale-écologiste contre les démocrates-chrétiens, la loi a "banalisé la mort" et remis en cause le principe fondamental de l'interdiction de tuer, a poursuivi Catherine Fonck. "On laisse croire que la fin de vie, c'est retirer ou laisser la prise", a-t-elle encore déclaré, en critiquant "la gloriole d'une logique de chiffres" dont se prévaudraient à ses yeux les partisans de l'euthanasie.


Philippe Mahoux a vivement réagi, en se déclarant conforté "dans l'idée que le cdH, le PSC, reste dans ses positions, y compris dans la caricature". Il a défendu la "démarche d'humanisme" des concepteurs de la loi.


Sans se prononcer sur le fond, Philippe Mahoux s'est déclaré ouvert à un débat sur l'assouplissement des conditions d'autorisation, notamment pour permettre l'euthanasie des mineurs. Il prône également une discussion sur la durée de la "déclaration anticipée de volonté". Actuellement, un patient peut signaler par écrit sa volonté d'être euthanasié, au moins cinq ans avant le début d'une impossibilité de manifester sa volonté, par exemple dans les cas de coma.


LeVif.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires