Est-il possible de se protéger d'un astéroïde?

19/04/17 à 19:12 - Mise à jour à 19:12

Source: Afp

Un astéroïde d'environ 1 kilomètre de long "frôlait" la Terre ce mercredi. Si ce phénomène ne présente aucun danger, il soulève des questions: est-il fréquent? Certains de ces "débris" menaceront-ils un jour notre planète? Existe-t-il des moyens de se protéger?

Est-il possible de se protéger d'un astéroïde?

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- Que s'est-il passé mercredi? -

R: L'astéroïde 2014-JO25 passait ce mercredi à "proximité" de la Terre, à moins de 1,8 million de kilomètres (un peu moins de cinq fois la distance Terre/Lune). L'objet céleste, passé au plus près de la Terre à 12H20 heure GMT, pouvait être vu de l'hémisphère nord, jusqu'à mercredi soir, avec un télescope. Initialement estimé à 650 mètres de diamètre, l'objet "en forme d'haltère" mesurerait en réalité plus de 1,3 kilomètre de long, selon les premières images récupérées, explique à l'AFP l'astronome Pascal Descamps, de l'Observatoire de Paris.

- Ce phénomène est-il courant? -

R: Il y a plein d'"objets" qui passent près de notre planète: "10.000 à 100.000 tonnes de matériau par an", indique Ian Carnelli, chercheur à l'Agence spatiale européenne (ESA). "Par contre, des objets de cette taille-là, ce n'est pas si courant. Le prochain n'est prévu qu'en 2027", précise l'astronome.

Le dernier gros astéroïde passé à proximité de notre planète est Toutatis, en 2004, qui avait "4 ou 5 km" de diamètre, rappelle-t-il. Il était passé "à environ la distance Terre-Lune", soit cinq fois plus près que celui de mercredi.

- Quand un astéroïde est-il dangereux ? -

R: Les scientifiques ont établi la catégorie d'"astéroïde potentiellement dangereux" (PHA), qui dépend de deux facteurs : la taille de l'objet et sa proximité avec la Terre. Lorsqu'un astéroïde s'approche à moins de 7 millions de km de la Terre ou s'il fait plus d'un kilomètre de large, il appartient à cette catégorie.

"On a déjà recensé quasiment tous les objets faisant 1 km de diamètre, pour éviter une catastrophe à l'échelle du globe", mais aucun ne nous menace à court terme, c'est-à-dire sur les prochains siècles, explique Ian Carnelli.

Les astéroïdes de moins d'1 km de large ne sont pas pour autant inoffensifs: en cas d'impact, les objets de plus de 140 mètres de diamètre "pourraient faire mal à l'échelle d'un pays". C'est pour cela que les scientifiques cherchent désormais à identifier tous ces objets supérieurs à 140 m : on connaît pour l'instant moins de 20% de ceux qui existent dans l'espace. L'ONU et la Nasa ont pour objectif d'essayer d'en faire l'inventaire complet d'ici 15 ans.

En février 2013, des fragments d'une météorite d'une quinzaine de mètres avaient fait un millier de blessés en Russie.

- L'existence de l'homme est-elle menacée? -

R: S'il existe environ un millier d'astéroïdes de plus d'un kilomètre identifiés, il n'en tombe sur Terre que tous les 500.000 ans en moyenne. Ian Carnelli estime ainsi que la menace d'une disparition de l'humanité en raison de la chute d'un tel objet "est très faible par rapport à tous les autres risques naturels".

"Avec un objet d'un kilomètre de large, on a un cratère d'impact d'à peu près 20 fois la taille de l'objet. Mais ce sont des millions de bombes d'Hiroshima en termes d'énergie d'impact", souligne le scientifique, ce qui aurait pourrait engendrer l'extinction partielle de certaines espèces. L'extinction totale de certaines espèces ne serait à envisager qu'en cas d'impact avec un astéroïde de plus de 10 km de diamètre.

- Comment se protéger? -

Si la trajectoire d'un astéroïde croise un jour celle de la Terre, "plusieurs méthodes sont envisagées pour le dévier, toutes très élégantes sur le papier, mais aucune n'a encore été testée à ce jour", regrette Ian Carnelli. L'idée serait notamment d'envoyer à grande vitesse un projectile de type satellite pour dévier l'astéroïde de sa trajectoire initiale, et non de le détruire, ce qui demanderait une énergie énorme.

"On est vraiment à un moment crucial, puisqu'il est en train de se décider le financement d'une mission en partenariat entre l'ESA et la Nasa qui permettrait d'effectuer ce test de déviation d'astéroïde."

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