Du sapin pour remplacer une concrétion intestinale de baleine dans les parfums

06/04/12 à 20:23 - Mise à jour à 20:23

Source: Le Vif

Un gène extrait du sapin baumier et introduit dans des levures pourrait remplacer sous peu l'ambre gris, une concrétion intestinale des baleines, dans la confection de parfums de luxe, selon les travaux de chercheurs canadiens.

Du sapin pour remplacer une concrétion intestinale de baleine dans les parfums

© Thinkstock

Depuis des siècles, l'ambre gris, une substance odorante, parfois noirâtre, à la texture cireuse, produite par les cachalots pour protéger leurs parois intestinales, entre dans la confection des parfums car il empêche les odeurs de se dissiper.

Lorsque la baleine régurgite l'ambre gris, celui-ci réagit avec l'eau salée de la mer, se solidifie, puis se dépose sur les côtes. Dans le classique "Moby Dick", Herman Melville décrit la récolte de ce produit légendaire sur les côtes des océans.

Les scientifiques ont longtemps cherché une alternative industrielle à cette substance rare, onéreuse --environ 10.000 dollars le kilogramme-- considérée comme un "facteur dans la pêche à la baleine", explique Joerg Bohlmann, professeur à l'Université de Colombie-Britannique (UBC) de Vancouver (Canada).

Selon le chercheur, la molécule de cis-abienol, que l'on retrouve dans les sapins ou les feuilles de sauge, pourrait remplacer l'ambre gris dans la confection des parfums puisqu'elle a aussi la propriété de pérenniser l'odeur. Mais isoler cette substance demeurait difficile et coûteux. "Nous avons maintenant découvert un gène du sapin baumier qui est encore plus efficace pour produire ces propriétés naturelles, ce qui permettrait une production moins coûteuse et durable", a indiqué M. Bohlmann.

Selon M. Bohlmann, le gène de sapin baumier introduit dans des levures permettra la production à grande échelle du cis-abienol pour remplacer l'ambre gris dans la confection des parfums. "Si vous demandez aux gens ce qu'ils préfèrent, se parfumer avec du vomi de baleine ou de la résine d'un arbre, ils ne vont probablement pas choisir la première option", a plaisanté le chercheur.

L'université de Colombie-Britannique va autoriser une entreprise de biotechnologie à commercialiser cette découverte.

LeVif, avec Belga.

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