Des vers plats pour détecter les substances cancérigènes

09/04/15 à 12:07 - Mise à jour à 12:07

Source: Belga

Une doctorante de l'université de Hasselt, An-Sofie Stevens, a développé un moyen rapide et bon marché de détecter les substances cancérigènes à l'aide de vers plats, des organismes invertébrés le plus souvent aquatiques.

Des vers plats pour détecter les substances cancérigènes

© Belga

"Avec ce test, lors duquel nous comptons les cellules souches de vers plats qui se divisent après exposition, nous pouvons diminuer drastiquement l'utilisation d'animaux de laboratoire", se réjouissent la chercheuse et son promoteur, le professeur Karen Smeets.

Pour détecter les substances cancérigènes, on recourt actuellement à des tests sur des rongeurs. "Ces tests ne sont pas seulement chers et fastidieux, l'utilisation d'animaux de laboratoire est critiquée internationalement pour des raisons éthiques", souligne Mme Stevens.

Tant en Europe qu'aux Etats-Unis, les chercheurs tentent donc de mettre au point des tests alternatifs, notamment avec des cellules en culture. "Mais ces tests in vitro ne parviennent généralement pas à détecter les substances qui provoquent indirectement le cancer", rapporte la doctorante. "D'où l'idée de chercher une solution totalement différente."

Avec des équipes des universités de Hasselt et Gand, elle a développé un test basé sur l'utilisation de vers plats. "Les vers plats sont des organismes uniques pour la recherche contre le cancer car ils disposent d'un grand nombre de cellules souches expérimentalement accessibles", explique-t-elle. "Les substances cancérigènes influencent la manière dont les cellules souches se divisent, soit un changement qui indique rapidement et simplement si la matière concernée est directement ou indirectement cancérigène." "Cette application permet de réduire fortement l'utilisation d'animaux de laboratoire", poursuit la biologiste Karen Smeets.

"De plus, le test mis au point est plus rapide et bien moins onéreux que les tests de toxicité existants." Les chercheurs vont à présent vérifier si le recours aux vers plats permet également de déceler des substances cancérigènes difficilement détectables par les autres tests de toxicité.

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