Découverte des vestiges d'un massacre vieux de 6000 ans en France

07/06/16 à 15:29 - Mise à jour à 15:28

Source: Afp

Des archéologues ont mis au jour les vestiges d'un massacre vieux de plus de 6000 ans dans l'est de la France, témoignage d'une "fureur guerrière ritualisée", selon des archéologues.

Découverte des vestiges d'un massacre vieux de 6000 ans en France

© Belga

A Achenheim, à une dizaine de kilomètres de Strasbourg, une équipe de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a découvert un ensemble de plus 300 "silos", des fosses couvertes qui servaient surtout à entreposer céréales et autres denrées au Néolithique.

Ces silos sont situés à l'intérieur d'une vaste enceinte, matérialisée par un fossé en V. Un dispositif défensif évocateur "de temps troublés, d'une période d'insécurité, qui, au Néolithique moyen entre 4400 et 4200 avant notre ère, forcent les populations à se protéger", ont expliqué mardi des archéologues de l'Inrap lors d'une conférence de presse.

Au fond de l'un de ces silos gisaient les restes de dix individus au total, manifestement victimes de violences. Le dépôt de cadavres semble avoir été constitué en un temps et il évoque une même tuerie.

Les archéologues ont trouvé six squelettes complets (cinq adultes, un adolescent) gisant de façon désordonnée sur le dos, le ventre et le côté. Ils sont tous de sexe masculin, ce qui laisse à penser qu'il s'agit de guerriers. Ils présentent de nombreuses fractures notamment aux jambes, aux mains et au crâne.

"Ils ont été très sévèrement suppliciés et ont reçu des coups violents, sans doute assénés à la hache de pierre", estime Philippe Lefranc, spécialiste du Néolithique à l'Inrap.

S'y ajoutent quatre bras provenant de trois hommes et d'un jeune entre 12 et 16 ans.

Ces bras étaient sans doute des "trophées guerriers", comme ceux qui ont été trouvés en 2012 à Bergheim, au nord de Strasbourg, selon M. Lefranc.

"Pourquoi ces mises à mort, cet acharnement sur des cadavres et ces mutilations, si ce n'est l'expression d'une fureur guerrière ritualisée?", s'interroge l'Inrap.

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