Antarctique: la progression de la banquise pourrait forcer des bases scientifiques à déménager

12/05/15 à 08:40 - Mise à jour à 08:43

Source: Belga

La progression de la banquise autour de l'Antarctique rend l'accès aux bases scientifiques difficile et pourrait entraîner leur déménagement, a prévenu mardi le directeur opérationnel du département australien chargé de l'Antarctique.

Antarctique: la progression de la banquise pourrait forcer des bases scientifiques à déménager

© Reuters

Rob Wooding a expliqué que le ravitaillement de la base australienne Mawson se faisait par des bateaux qui empruntent une baie impracticable une grande partie de l'année en raison de la formation d'une épaisse couche de glace en surface.

Il a précisé que les Français et les Japonais, qui disposent également de bases de recherche scientifique dans cette région, sont confrontés au même problème.

"Nous observons que la situation sur la banquise devient de plus en plus difficile", a déclaré à la presse M. Wooding, à la veille d'une réunion entre scientifiques et logisticiens à Hobart en Tasmanie.

Selon lui, à Mawson, la glace ne se disloque que pendant un ou deux mois durant l'été, mais au cours des quatre à six dernières années, cela ne s'est pas produit tous les ans, et parfois seulement partiellement.

"En 2013/2014, on ne pouvait pas s'approcher de la base Mawson à cause de la glace, nous devions être ravitaillés en fuel par hélicoptère. Ce moyen ne convient pas pour le fonctionnement à long terme de la base", a indiqué Rod Wooding.

Les scientifiques ont du mal à prévoir l'évolution de la banquise, qui pourrait être affectée par des vents forts de l'océan Austral déplaçant la glace de l'Antarctique.

L'usage d'avions de grande capacité ou d'aéroglisseurs pour la livraison du carburant et d'autres denrées fait partie des alternatives envisagées.

"Je pense qu'il va surtout s'agir de trouver des moyens pour passer au dessus de la glace voire de réfléchir à la situation géographique des bases", a déclaré Rod Wooding.

Tom Worby, membre d'un centre d'études australien sur les écosystèmes et le climat en Antarctique, a cependant estimé peu probable que l'épaisseur de la glace devienne telle que toute circulation soit impossible.

En savoir plus sur:

Nos partenaires