Peter Piot, codécouvreur du virus Ebola : "il faut autoriser les traitements expérimentaux en Afrique"

07/08/14 à 18:29 - Mise à jour à 18:29

Source: Le Vif

Les traitements expérimentaux contre la fièvre hémorragique Ebola doivent être autorisés en Afrique "maintenant", soutient le professeur belge Peter Piot, codécouvreur du virus en 1976, qui a appelé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à établir de nouvelles règles face à l'épidémie.

Peter Piot, codécouvreur du virus Ebola : "il faut autoriser les traitements expérimentaux en Afrique"

© AFP

"C'est maintenant qu'il faut faire bouger les choses et autoriser les traitements expérimentaux en Afrique. Jusqu'à l'administration d'un médicament non encore testé chez l'homme, le ZMapp, aux deux humanitaires américains, on ne parlait que de prévention et pas des produits en développement", constate le Pr Piot, directeur de la London school of hygiene and tropical medicine (LSHTM) et codécouvreur du virus Ebola en 1976, dans un entretien publié jeudi par le quotidien Le Monde.

L'OMS a annoncé mercredi qu'elle allait saisir un groupe d'experts sur les questions d'éthique soulevées par l'usage éventuel d'un traitement expérimental contre le virus Ebola, le ZMapp, après avoir été interpellée par trois spécialistes reconnus des maladies infectieuses, les Pr Piot et David Heymann (LSHTM, ancien responsable de l'OMS) et Jeremy Farrar (université d'Oxford).

"Cette épidémie va durer sans doute plusieurs mois. Si elle se déroulait en Europe, le débat sur l'usage +compassionnel+ de traitements n'ayant pas encore été complètement validés aurait déjà été ouvert. Nous y avons eu recours par le passé", note le Pr Piot.

"Une fois l'épidémie terminée, il n'y aura plus d'efforts d'investissement dans la recherche sur les traitements et les vaccins" et à la prochaine épidémie, "rien ne se sera passé". "Après celle de 1976, l'OMS avait affirmé vouloir mettre sur pied une équipe d'intervention internationale. L'initiative est restée lettre morte", observe l'expert belge, ancien patron de l'Onusida.

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