On a découvert des anticorps capables de neutraliser le virus Zika

23/06/16 à 17:57 - Mise à jour à 17:56

Source: Afp

Des chercheurs européens ont annoncé jeudi avoir découvert de "puissants" anticorps capables de "neutraliser" le virus Zika, une découverte ouvrant la voie à un vaccin contre ce virus à l'origine de lésions cérébrales chez le foetus.

On a découvert des anticorps capables de neutraliser le virus Zika

Des moustiques aedes aegypti, principaux vecteurs de la dengue, de la zika, de la chikungunya et de la fièvre jaune. © REUTERS/Paulo Whitaker

Dans des travaux menés en laboratoire, les anticorps ont permis de "neutraliser" à la fois Zika et le virus voisin de la dengue, "ce qui pourrait aboutir au développement d'un vaccin universel" protégeant contre les deux maladies, ont indiqué les chercheurs dans la revue scientifique Nature.

Cette découverte coïncide avec une autre étude, également publiée jeudi, qui suggère que la récente explosion du virus Zika en Amérique latine pourrait avoir été favorisée par une exposition préalable à la dengue.

Les virus de la dengue et du Zika ont de nombreux points communs. Ils appartiennent tous deux à la famille des flavivirus, des virus principalement transmis par des moustiques.

Des chercheurs de l'Institut Pasteur, du CNRS et de l'Imperial College à Londres, qui s'étaient déjà intéressés aux anticorps capables de neutraliser la dengue, se sont également penchés sur le virus Zika.

Ils ont sélectionné deux anticorps EDE capables de stopper la dengue et ont découvert que l'un d'entre eux était particulièrement efficace pour "neutraliser" le virus Zika. Ils ont réussi à reconstituer l'endroit précis où celui-ci vient se fixer sur la protéine d'enveloppe du virus Zika et ont découvert que celui-ci était le même sur le virus de la dengue.

Une découverte "inattendue"

Cette découverte, a indiqué à l'AFP Félix Rey, responsable du laboratoire de virologie structurale à l'Institut Pasteur (Paris) qui a dirigé l'étude, était "totalement inattendue".

Selon Juthathip Mongkolsapaya, un autre chercheur, il s'agit des "premiers anticorps très puissants" découverts contre le Zika.

Le virus a longtemps été considéré comme peu dangereux.

Mais l'épidémie qui touche plusieurs pays d'Amérique du Sud, dont le Brésil a fait apparaître des complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) des bébés nés de mères infectées qui ont conduit l'Organisation mondiale de la santé à déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale" en février.

Il n'existe à ce jour aucun vaccin pour se protéger du Zika, contrairement à la dengue qui dispose d'un vaccin développé par le laboratoire français Sanofi.

Transmis comme dans le cas du Zika par des moustiques de type Aedes, la dengue est en pleine recrudescence à travers le monde. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète, où près de 400 millions de personnes sont infectées chaque année.

Zika aggravé par la dengue

Une étude distincte publiée jeudi par la revue Nature Immunology estime pour sa part qu'une exposition préalable à la dengue pourrait amplifier l'infection par le virus Zika.

Les symptômes incluent la fièvre, des céphalées intenses et des douleurs musculaires, articulaires et derrière les yeux.

Des chercheurs, dont plusieurs ont participé à la première étude, ont découvert que la plupart des anticorps produits par les personnes infectées par la dengue facilitaient la réplication du virus Zika.

C'est ce qui pourrait expliquer la virulence de l'épidémie de Zika en Amérique latine, où de nombreuses personnes ont également été en contact avec la dengue.

"Les deux études se complètent. Elles montrent qu'il est très important que le futur vaccin utilise le bon anticorps et cible le talon d'Achille du virus", souligne M. Rey qui a participé aux deux études.

Pour l'instant toutefois, "il nous reste tout à faire, notamment mettre en place un essai clinique ce qui risque de prendre du temps", reconnaît-il.

Des vaccins contre le Zika sont à l'étude dans de nombreux laboratoires, dont certains ont déjà été testés sur des animaux.

L'un d'entre eux est développé par le groupe pharmaceutique américain Inovio, qui vient d'annoncer le lancement de tests sur des humains avant la fin de l'année.

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