Même en cas de morve verdâtre, on n'a pas besoin d'antibiotiques

05/12/17 à 16:01 - Mise à jour à 08/12/17 à 13:45

Source: Knack

Pour beaucoup de gens, la morve verdâtre est signe d'une infection bactériale qui ne s'extermine qu'à coup d'antibiotiques. C'est là une double erreur, car la couleur ne permet pas de déduire si ce sont des virus ou des bactéries qui causent toutes ces misères. Et les antibiotiques sont inefficaces contre les virus, la source principale de rhumes.

Même en cas de morve verdâtre, on n'a pas besoin d'antibiotiques

© Getty Images/iStockphoto

Chaque année, les embrassades des fêtes entraînent les mêmes problèmes. On cueille quelques germes pathogènes chez sa tante. Ensuite on passe quelques souches à sa nièce revenue d'on ne sait où. En passant, on emporte un peu de sa flore qu'on transmet à ses amis et ses collègues : un microbe de Tombouctou assorti d'une pincée de virus de rhume limbourgeois. Eh oui, la succession de fêtes est l'occasion idéale de faire des échanges de virus et de bactéries. Et quelques jours plus tard, tout le monde renifle.

Après, tous ces reniflements ne sont pas si graves. Habituellement, ils ne durent que quelques jours. Seulement, certaines personnes s'inquiètent. Aïe. Elles se sentent un peu malades, et regardent leur morve jaune. Ou pire encore : verte ! Un signe clair qu'il faut intervenir d'urgence.

Et donc, elles courent chez leur médecin pour lui demander de "quoi guérir rapidement", à savoir, des antibiotiques. Souvent le médecin succombe et leur gribouille une prescription.

Il y a pourtant de bonnes raisons d'éviter les antibiotiques, car les bactéries résistantes gagnent du terrain. Celui qui pense échapper au danger se trompe. Dès le premier comprimé antibiotique, on libère la voie à toutes les bactéries qui y sont résistantes. En effet, on élimine la concurrence et la bactérie résistante a tout loisir de proliférer librement. S'il s'agit par hasard d'une bactérie multirésistante, on ne dispose plus d'aucune arme et on n'a plus qu'à espérer que le corps soit suffisamment fort pour survivre à cette attaque. Chaque année, des milliers de Belges n'y arrivent plus et, ne vous y trompez pas, ce n'est guère une fin enviable.

Pourquoi la couleur est-elle dénuée d'importance ?

Retournons à la morve jaune-vert et malodorante, car c'est de cela qu'il s'agit finalement. Si dégoûtante soit-elle, la couleur ne joue aucun rôle lors d'un simple rhume, parce qu'on ne peut rien en déduire. La couleur n'a même aucun rapport avec les germes pathogènes, mais avec les anticorps et les globules blancs présents dans la morve qui engagent la lutte contre ces germes pathogènes. Celles-ci contiennent du fer et ce sont ces liaisons ferreuses qui sont à l'origine de la couleur. Bref, plus il y a de bonnes troupes dans la lutte, plus la morve prend une couleur jaune-vert.

Le fait qu'entre-temps le nez se bouche est dû à deux phénomènes. La muqueuse qui produit la morve gonfle de sorte que l'espace intermédiaire se rétrécit et que la morve a du mal à s'écouler. Et pour contribuer à la réaction de défense, la muqueuse du nez sécrète des protéines et des substances supplémentaires qui épaississent la morve de sorte que les germes pathogènes soient mieux enfermés et s'éliminent plus facilement.

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