Les médecins et dentistes belges alarmés d'un afflux de diplômés étrangers

14/07/16 à 15:13 - Mise à jour à 15:12

Source: Belga

Les Chambres syndicales dentaires (CSD) dénoncent jeudi le manque de places pour les dentistes belges à la suite d'un afflux de diplômés étrangers. Les dentistes flamands du Verbond der vlaamse tandartsen (VVT) et les médecins de l'Association belge des syndicats médicaux (Absym) avaient déjà souligné ce problème en début de semaine. Selon eux, l'offre médicale risque de devenir excédentaire.

Les médecins et dentistes belges alarmés d'un afflux de diplômés étrangers

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Le système belge est "discriminatoire", ont affirmé mardi le VVT et l'Absym. Les jeunes dentistes et médecins "se voient rafler leurs places par des ressortissants de l'UE qui décrochent parfois plus facilement leur diplôme". Les CSD, qui représentent les dentistes francophones et germanophones, signalent que le phénomène est encore plus important en Wallonie. "Le pourcentage d'agréments octroyés à des diplômés non belges passe de 10% en 2004 à 50,6 % en 2013."

Les professionnels étrangers se rendraient en Belgique parce qu'ils considèrent qu'elle souffre d'un cruel manque de dentistes et de médecins. Pour le VVT et l'Absym, il n'existe pourtant pas de vide à combler. "Si la planification en termes de personnel n'est pas respectée, nous ferons vite face à une situation d'offre excédentaire."

Par ailleurs, aucune évaluation scientifique de la formation de ces diplômés n'est effectuée. Pourtant, un problème de compétence se poserait. Les CSD soulignent que, selon une étude de l'EDSA (European Dental Students Association), un étudiant européen sur dix en dentisterie n'a jamais réalisé d'acte clinique durant ses études.

Un autre problème est la maîtrise d'une des trois langues nationales. Pour obtenir un numéro Inami, un examen linguistique doit être passé. Toutefois, ils "sont si faciles qu'un étranger qui, par défaut, parle parfaitement l'une de ces trois langues, se voit autorisé à soigner des patients dans chacune des trois Communautés", dénoncent le VVT et l'Absym. Un Français pourrait dès lors exercer en Flandre sans parler un mot de néerlandais. "Un patient doit être abordé dans la langue de sa communauté et non dans une des trois langues nationales. C'est ce qui est légalement prévu dans la Loi relative aux Droits du patient", ajoutent-ils.

Tant les CSD que le VVT et l'Absym demandent une révision des critères d'obtention de l'agrément et une évaluation scientifique de la formation. En outre, le VVT et l'Absym exigent l'imposition d'un quota maximal à l'afflux migratoire. Aussi, "un numerus fixus doit être établi et tous les candidats aux études de médecine ou dentisterie - y compris les ressortissants étrangers - doivent prendre part à un examen d'entrée fédéral. Il est essentiel de réserver à nos propres jeunes le nombre de places de dentistes et de médecins à pourvoir. Si, toutefois, il restait encore des places, les médecins ou dentistes étrangers pourraient alors se les voir proposer."

Ils plaident enfin pour une planification des ressources humaines "grâce à laquelle tous les candidats aux études de médecine et dentisterie (francophones, néerlandophones ou étrangers) seraient traités de la même manière".

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