Les LED plus néfastes pour la rétine que les ampoules classiques

14/09/15 à 12:25 - Mise à jour à 12:32

Source: Le Figaro

Dans le jargon courant, on les appelle LED, ce sont les diodes électroluminescentes qui diffusent une lumière intense où le bleu prédomine. De plus en plus répandues dans notre quotidien pour leur qualité d'économie d'énergie, elles seraient pourtant plus néfastes pour la rétine que les ampoules classiques.

Les LED plus néfastes pour la rétine que les ampoules classiques

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Les ampoules LED (l'acronyme en anglais pour diodes électroluminescentes) ont de nombreuses qualités : peu consommatrices d'énergie, pas chauffantes et très résistantes, elles offrent de surcroit une durée de vie de plusieurs dizaines de milliers d'heures. Rien d'étonnant dès lors qu'elles remplacent petit à petit les ampoules classiques. On les retrouve à la maison comme luminaires d'intérieur, mais aussi dans les phares de voiture ou dans l'éclairage public et des magasins. Cette nouvelle technologie comporte cependant certains risques qui seraient sous-estimés, selon Le Figaro.

On savait déjà que leur luminosité très intense était potentiellement aveuglante. Une étude récente menée, en France, par une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et publiée dans la revue Free Radical Biology and Medicineest montre que la toxicité de LED était considérablement plus élevée que celle des néons. L'équipe de chercheurs a réalisé des expérimentations sur des rats albinos pour se rendre compte de l'effet de la lumière bleue des LED sur la rétine.

"Il ne faut que quelques heures d'exposition pour observer sur la rétine de ces animaux très fragiles des dégradations que l'on obtient en quelques jours d'exposition aux néons", s'inquiète la chercheuse Alice Torriglia, citée par Le Figaro. "Nous n'avons évidemment pas des yeux de rats albinos, heureusement, mais les mécanismes physico-chimiques à l'oeuvre restent similaires. Il faut rester très vigilant sur la toxicité potentielle des LED pour l'oeil humain dans la mesure où elles seront bientôt omniprésentes", ajoute-t-elle.

Les enfants plus vulnérables

Le rayonnement bleu, dont les longueurs d'onde sont comprises entre 400 et 450 nanomètres, pose problème. "Cette lumière est plus énergétique que le rouge et le vert et il y en a bien plus dans les LED que dans les ampoules classiques", explique Serge Picaud, responsable de l'équipe de pharmacotoxicité rétinienne à l'Institut de la vision, à Paris, intérrogé par le journal français. "Ce rayonnement bleu présente en plus la particularité d'être capté par des dérivés de pigments visuels qui vont transmettre cette énergie à l'oxygène, ce qui va favoriser l'oxydation de certains lipides ou protéines et provoquer ainsi la destruction ou la dégradation de cellules de la rétine", commente-t-il.

Résultat : "Lorsque les cellules dégradées deviennent trop nombreuses, cela peut conduire à un obscurcissement du centre du champ de vision, une maladie bien connue sous le nom de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)", rappelle Alice Torriglia. De plus, chez les enfants, le cristallin est très transparent, il ne filtre que très peu le bleu, ce qui le rend encore plus vulnérable à la lumière des LED. Pour la chercheuse, il s'agit d'une source d'inquiétude supplémentaire en l'absence de règlementation claire pour les consommateurs.

Les experts rassurent toutefois. Les LED "chaudes", plus prisées en Europe, sont par exemple moins nocives a priori que les "froides" qui dominent les marchés asiatiques. En France, les LED ne représentent aujourd'hui qu'un tiers environ du marché, contre 80 à 90 % au Canada. Et vu que les LED sont plus brillantes, il est désagréable de les regarder directement, ce qui limite leur effet néfaste. "Il serait néanmoins bon que leur dominante bleue puisse être limitée et que le grand public soit mieux informé qu'aujourd'hui", préconise Serge Picaud.

Dans ce contexte, de nouveaux rapports d'expertise sont attendus. Des discussions au niveau international, européen et national pourraient alors donner lieu, dès 2016, à des règlementations plus appropriées sur cette source de lumière de plus en plus répandue.

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