Les femmes manquent d'iode

10/06/14 à 14:43 - Mise à jour à 14:43

Source: Le Vif

La population belge ingère globalement suffisamment d'iode, mais l'apport reste insuffisant pour les femmes en âge de procréer, et en particulier pour celles enceintes, prévient mardi le Conseil supérieur de la santé (CSS) dans un avis remis à la demande du SPF Santé publique. Pour éviter les carences, l'institution recommande notamment à tous les ménages l'utilisation de sel enrichi en iode.

Les femmes manquent d'iode

© Reuters

D'après une étude réalisée en 2010, l'apport en iode des enfants âgés de 8 à 12 ans atteint le niveau recommandé, à savoir entre 100 et 199 microgrammes par jour. Ce taux n'était encore que de 80 microgrammes en 1998. En revanche, une autre étude datée de 2011 montre que la plupart des femmes souffrent d'une légère carence en iode. Une déficience problématique surtout pour les femmes enceintes et allaitantes, car l'iode est indispensable au développement cérébral du foetus et du nourrisson. Pour ces femmes, le taux d'iode recommandé s'élève à 150 microgrammes par jour.

Les produits de la mer et le lait constituent les principales sources d'iode de l'alimentation humaine. Lorsque ce minéral vient à manquer, retards de croissance et troubles mentaux peuvent apparaître. Si les cas de carences sévères, comme dans certaines régions montagneuses, ont disparu d'Europe, certains Belges souffrent encore de déficiences marginales. C'est pour y remédier que, en 2009, un plan incitant les boulangers à utiliser du sel iodé a été mis en place. D'après le CSS, 47% du pain actuellement consommé en contient.

L'organe d'avis du SPF Santé publique recommande la généralisation du recours à ce type de sel. Plutôt que de l'imposer, le service public privilégie la sensibilisation des boulangers. Il souhaite aussi que la grande distribution mette davantage en avant les sels enrichis en iode et aligne leur prix sur les sels classiques. Il demande enfin aux professionnels de la santé, et spécialement aux gynécologues, de veiller à l'apport en iode de leurs patients, au besoin via des compléments nutritionnels. "Gare à l'introduction anarchique d'iode", avertit toutefois Jean-Baptiste Vanderpas, professeur à l'ULB et expert auprès du CSS. L'excès d'iode nuit aussi à la santé. "Il ne faut pas non plus pousser à consommer plus de sel", précise le chercheur. Pour contrôler la situation, le CSS appelle à une étude systématisée du statut iodé de la population belge.

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