Le diabète accélèrerait le vieillissement cérébral et la progression de la démence

02/12/14 à 06:37 - Mise à jour à 08:54

Source: Belga

Les personnes diagnostiquées avec le diabète à un âge moyen courent un risque beaucoup plus grand de souffrir de problème cognitifs au cours des vingt prochaines années comparativement à celles dont la glycémie est normale, selon une recherche publiée lundi.

Le diabète accélèrerait le vieillissement cérébral et la progression de la démence

© Thinkstock

Des chercheurs de la faculté de santé publique de l'université Johns Hopkins (Maryland) ont déterminé que le diabète adulte accélérait le vieillissement cérébral d'environ cinq ans. Ainsi en moyenne, une personne de 60 ans qui est diabétique connaît un déclin cognitif de quelqu'un en bonne santé de 65 ans, précisent-ils.

La diminution de la mémoire et des autres fonctions cognitives est très fortement liée à la progression de la démence, une perte des capacités mentales suffisamment importante pour interférer avec le fonctionnement quotidien de la personne, relèvent les chercheurs, dont l'étude paraît dans la revue médicale américaine Annals of Internal Medicine.

"La leçon que nous pouvons en tirer c'est que, pour avoir un cerveau en bonne santé à 70 ans, il faut manger sainement et faire de l'exercice à 50 ans", recommande Elizabeth Selvin, professeur adjoint d'épidémiologie à l'université Johns Hopkins. "Il y a un déclin cognitif substantiel lié au diabète, pré-diabète et à un contrôle insuffisant de la glycémie chez les diabétiques. Et nous savons comment prévenir ou retarder le diabète", ajoute-elle.

Le fait de perdre seulement 5 à 10% de son poids peut empêcher l'apparition du diabète, précise la professeur Selvin.

Un taux trop élevé de sucre dans le sang peut endommager les tissus et le système vasculaire dans tout l'organisme, rappelle-t-elle, notant que le diabète est lié à la cécité, affecte les reins et les extrémités nerveuses.

"Si nous pouvons faire mieux dans la prévention et le contrôle du diabète, on pourra prévenir la démence chez un grand nombre de personnes", estime la professeur Selvin.

"Même si on peut retarder l'apparition de la démence de quelques années, cela aura un énorme impact sur la population, la qualité de vie et les coûts des soins", fait-elle valoir.

Les chercheurs ont utilisé des données provenant d'une étude sur "les risques d'athérosclérose dans des différents groupes de populations" (ARIC), qui a commencé en 1987 à suivre 15.792 personnes d'âge moyen dans le Maryland, la Caroline du Nord, le Minnesota et le Mississippi.

La démence, dont notamment la maladie d'Alzheimer, coûte 159 milliards de dollars chaque année, selon une estimation de 2010. Ce montant devrait augmente de 80% d'ici 2040 avec le vieillissement de la population.

Nos partenaires