La Commission européenne limite l'expérimentation animale, mais ne la bannit pas

04/06/15 à 11:36 - Mise à jour à 11:35

La Commission européenne a mis un frein à une initiative citoyenne européenne (ICE), " Stop vivisection ", qui souhaitait l'interdiction totale de l'expérimentation animale.

La Commission européenne limite l'expérimentation animale, mais ne la bannit pas

La plupart des animaux de laboratoire sont des rongeurs. © istock

L'ICE est un projet d'initiative citoyenne qui stipule qu'une nouvelle loi peut être soumise au vote de la Commission pour peu qu'une pétition regroupant plus d'un million de signatures de sept pays de l'Union ait été créée en ce sens. "Stop vivisection", avec ses 1,1 million de signataires, réclamait l'abrogation de la directive de 2010 qui visait les expériences sur animaux.

La Commission européenne, bien qu'elle se "félicite de la mobilisation des citoyens en faveur du bien-être animal", rappelle que ces expérimentations sont "importantes pour protéger la santé des citoyens et des animaux" mais également pour "préserver l'environnement", peut-on lire dans un communiqué.

Le même objectif, des moyens différents

Pourtant, l'institution s'est engagée à limiter la pratique de l'expérimentation animale dans l'UE. En effet, elle souhaite, comme "Stop vivisection" que les tests sur animaux doivent être "progressivement supprimés en Europe" mais regrette que la manière dont elle souhaite mettre en place l'abrogation ne soit pas la même que celle proposée par l'initiative citoyenne.

Les opposants à la décision avaient déjà pu se défendre le 11 mai dernier, lors d'une audition organisée autour du sujet au Parlement européen. Leurs arguments étaient axés sur le point de vue éthique du problème (souffrance animale) mais aussi sur le peu de valeur scientifique des tests réalisés sur les animaux, les résultats n'étant pas transposables à l'homme.

La Commission a défendu son point de vue en invoquant la règle des trois R de la directive de 2010 : remplacer et réduire l'utilisation d'animaux à des fins expérimentales ainsi que le raffinement des conditions d'élevage, d'hébergement et de soins afin de réduire au maximum les douleurs, souffrances ou angoisses de l'animal.

Une conférence sera organisée et réunira les deux groupes d'acteurs afin d'identifier les moyens idéaux à une méthode expérimentale alternative.

En Belgique

Selon des chiffres publiés par la Commission en 2011, quelque 11,5 millions d'animaux avaient été soumis dans l'Union européenne à des tests à des fins scientifiques. En Belgique, selon le Belgian Council for Laboratory Animal Science (BCLAS), le nombre d'expérimentations sur les animaux en 2012 était de 600.986 contre 860.000 en 1997, soit une diminution de près de 30% en 16 ans.

Toujours en Belgique, les animaux les plus utilisés pour ces expériences sont les rongeurs (souris, rats, hamster, cobayes) suivis des animaux à sang froid (poissions, amphibiens, reptiles), des oiseaux (poules), du bétail (bovin, mouton, porcs), des carnivores (chiens, chats, furets) et enfin des primates (macaques).

L.V.

Nos partenaires