L'homéopathie ne pourra plus être exercée que par les médecins, dentistes et sages-femmes

12/07/13 à 16:34 - Mise à jour à 16:34

Source: Le Vif

L'homéopathie ne pourra plus à terme être exercée que par les seuls médecins, dentistes et sages-femmes, selon l'arrêté royal adopté vendredi par le Conseil des ministre en exécution de la loi Colla de 1999 qui a reconnu cette pratique non conventionnelle au même titre que l'ostéopathie, la chiropractie et l'acupuncture.

L'homéopathie ne pourra plus être exercée que par les médecins, dentistes et sages-femmes

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Le prestataire homéopathe devra disposer d'un diplôme en homéopathie de l'enseignement universitaire ou supérieur et ne pourra pratiquer que de manière complémentaire à son titre de médecin, dentiste, sage-femme; il ne pourra pas porter le seul titre d'homéopathe, cela afin que le patient sache s'il est médecin généraliste-homéopathe, dentiste-homéopathe, etc.

Pour exercer, les homéopathes devront avoir été enregistrés par le ministre de la Santé, leur reconnaissance étant assurée à durée indéterminée à condition de suivre une formation permanente.

En l'absence de respect des critères prévus par l'arrêté royal, l'homéopathe risque des sanctions qui sont prévues par l'arrêté royal n°78 relatif à l'exercice des professions de soins de santé, par exemple lorsqu'un prestataire exerce des actes médicaux sans disposer d'un titre de médecin. Il encourt à cet égard une peine de 8 jours à 6 mois de prison ferme et/ou une amende de 3.000 à 30.000 euros.

Alors qu'une cinquantaine de kinésithérapeutes et infirmiers pratiquent l'homéopathie, l'arrêté royal prévoit des dispositions transitoires autorisant ces professionnels de la santé non-médecins (disposant d'une formation minimale de bachelier) à poursuivre en ce sens à condition d'avoir suivi ou d'être inscrit depuis au moins 1 an dans une formation en homéopathie reconnue par une association professionnelle (3 à 5 ans). Ils devront s'enregistrer dans les cinq ans qui suivent l'entrée en vigueur de l'arrêté royal (le temps de laisser à tous le soin de terminer leur formation). En outre, ils s'assureront que le patient dispose bien d'un diagnostic récent établi par un médecin, et si le patient refuse, celui-ci devra signer une décharge.

L'arrêté royal divise

Si l'Unio Homeopathica Belgica accueille favorablement l'arrêté royal, l'ABSyM, Association Belge des Syndicats Médicaux, est moins enthousiaste, tout comme l'Homeopathica Belgica(LHC).

"Nous sommes très contents de cette nouvelle" a déclaré mercredi l'Unio Homeopathica Belgica, association regroupant des médecins, vétérinaires, dentistes ou pharmaciens diplômés d'une école reconnue par la "faculté d'homéopathie", car il s'agit de la sécurité du patient. "Un belge sur 6 consulte régulièrement un homéopathe, il est important que cela soit pris en charge par un médecin." Léon Scheepers, président, précise aussi que les dentistes et sages-femmes ne pourront pas outrepasser leurs compétences.

Pour l'Homeopathica Belgica, l'autre association belge des homéopathes, dont tous les membres ne sont pas médecins cet arrêté est "un scandale" car des personnes qui pratiquent depuis plus de 20 ans "vont se retrouver sans travail". Une action au tribunal est même envisagée.

L'ABSyM est également peu enthousiaste mais pour d'autres raisons. "Nous n'avons jamais été demandeurs car il s'agit de pratiques non-conventionnelles de la médecine." L'association reste néanmoins rassurée que la dimension "médecine" figure dans le texte, mais maintient qu'il reste primordial de passer au préalable par la médecine traditionnelle. Elle admet cependant que cet arrêté "fera tomber bon nombre de charlatans".

L'Ordre des médecins se réjouit quant à lui qu'un bilan médical soit désormais nécessaire avant d'envisager l'homéopathie, car c'est une garantie pour le patient.

Dorénavant, le prestataire homéopathe devra être diplômé et ne pourra pas porter le seul titre d'homéopathe. Mais dans les Facultés de Médecine, on ne compte pas changer le programme. "On ne peut enseigner l'homéopathie à l'Université car elle ne repose pas sur des bases scientifiques", a fait savoir Francis Zech, doyen de la Faculté de Médecine de l'UCL.

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