L'hiver, une lutte mentale

12/02/16 à 10:43 - Mise à jour à 10:42

Source: Le Vif

Le phénomène de déprime saisonnière est bien connu. En hiver, notre humeur générale est souvent assombrie par le manque de lumière naturelle. Mais cette époque de l'année peut-elle aussi avoir une influence sur nos fonctions cognitives ?

L'hiver, une lutte mentale

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Afin de savoir si l'hiver avait une quelconque influence sur la manière dont fonctionne notre cerveau, Gilles Vandewalle et ses collègues de l'université de Liège ont scanné le cerveau de 28 bénévoles alors qu'ils réalisaient certaines tâches à différentes périodes de l'année. Afin d'être sûr que les résultats étaient bien influencés par les saisons et non par les circonstances précises de la journée de recherche, les participants ont passé 4 jours et demi avant le test dans un laboratoire dont la lumière et le niveau de température était constant.

Les résultats au test ne changeaient pas à travers les saisons, mais l'activité dans certaines régions du cerveau a montré un certain schéma saisonnier. L'activité cérébrale connaissait en effet un pic pendant l'été lors de tests de l'attention et pendant l'automne lors de tests de mémoire. Les facteurs pouvant influencer ce genre de comportement sont la longueur du jour, la température, le degré d'humidité, l'interaction sociale et l'activité physique.

Dépression hivernale

Les résultats ont montré que tout au long de l'année, notre cerveau travaille peut-être différemment afin de compenser les facteurs saisonniers qui peuvent affecter nos fonctions cérébrales. De cette façon, un fonctionnement stable de notre cerveau est garanti. Selon Gilles Vandewalle, ce mécanisme fonctionne moins bien chez les personnes qui sont sensibles au blues hivernal.

Ce n'est pas la première étude qui tente de déterminer la manière dont les saisons influencent notre comportement. Il a été démontré que les conflits interpersonnels étaient en hausse pendant les mois d'été et que les suicides étaient, étonnamment, plus fréquents au printemps. La dépression hivernale serait alors considérée comme un mythe et n'aurait alors rien à voir avec les saisons.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

T.E/Trad: Ca.L

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