Il vaut mieux naître riche, si l'on veut vivre en bonne santé

24/02/16 à 11:31 - Mise à jour à 11:41

Source: Slate

Les inégalités de santé liées à la pauvreté commencent bien avant la naissance. Et ne font que se creuser par la suite.

Il vaut mieux naître riche, si l'on veut vivre en bonne santé

© iStock

La situation sociale des parents influence la santé de l'enfant bien avant sa naissance. Ces inégalités de santé ne sont pas le fait individuel de l'enfant. Celles-ci découlent d'inégalités liées à la précarité et aux conditions de vie dans lequel il naît. Dire cela c'est reconnaître "qu'une partie des écarts observés en matière de santé ne provient pas de causes naturelles, mais de l'influence d'un certain nombre de facteurs économiques et sociaux, tels que les revenus, les modes de vie ou encore l'accès aux soins" précise Slate qui consacre au sujet une salutaire piqûre de rappel.

Cela commence dans le ventre de sa mère

Dès la grossesse les inégalités se marquent. Il y a moins de visites prénatales alors qu'en raison de leurs conditions de vie difficiles, de consommation de tabac ou de grossesses précoces, ces femmes défavorisées devraient justement être plus suivies. Sans parler du fait que ces mêmes mères sont plus souvent hospitalisées en raison de problèmes de santé.

Les bébés sont aussi plus souvent des prématurés, ce qui en fait des bébés plus fragiles et augmente le risque de maladie ou de mortalité.

Par la suite, la différence se creuse encore. L'enfance est en effet primordiale pour le capital santé, car on y acquiert des habitudes que l'on va conserver toute sa vie et que les "dommages" qu'on y subit peuvent avoir des conséquences sur le reste de notre existence.

L'enquête sur la santé de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) citée par Slate révèle par exemple que "les enfants d'ouvriers sont quatre fois plus touchés par l'obésité que les enfants de cadres". Les enfants d'ouvriers passent aussi quatre fois plus de temps devant la télé et sont "quatre fois plus nombreux à consommer quotidiennement des boissons sucrées (31 contre 8%)."

Les dents comme marqueur social

La santé buccodentaire aussi en pâtit. À l'âge de six ans, 24% des enfants d'ouvriers ont des caries non soignées. Ils ne sont que 4% chez les enfants de cadres toujours selon Slate.

Il n'y a que pour les vaccinations que les milieux populaires seraient mieux desservis. Ce serait dû à un recours plus fréquent au service de protection maternelle et infantile et à une moins grande méfiance face aux vaccins.

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