Être végétarien influence les gènes

11/04/16 à 15:32 - Mise à jour à 19/04/16 à 15:56

Des chercheurs de l'université de Cornell aux États-Unis ont comparé le génome de populations végétariennes avec celui des mangeurs traditionnels de viande. Ils ont découvert la présence d'une mutation génétique chez les végétariens.

Être végétarien influence les gènes

. © iStockphoto

Selon les chercheurs, notre régime alimentaire peut se traduire dans nos gènes. En étudiant des populations qui ont adopté un régime alimentaire à base de plantes depuis des centaines de générations (en Inde, en Afrique et certaines régions de l'Asie de l'Est), ils ont découvert une mutation génétique. Celle-ci permet aux végétariens de traiter efficacement les oméga-3 et les oméga-6 et de les transformer en composants essentiels pour le développement du cerveau et pour lutter contre les inflammations. Cette mutation a donc constitué un avantage pour le développement de ces populations.

Une mutation a également été observée chez les Inuits du Groenland qui se nourrissent principalement de fruits de mer, mais elle agit de manière opposée. Il s'agit donc dans les deux cas d'une adaptation du gène en fonction du milieu et du régime alimentaire des populations.

Selon les chercheurs, deux enzymes sont essentiels pour la conversion des oméga-3 et des oméga-6 en composants nécessaires pour le développement du cerveau et la lutte contre les inflammations. Les mangeurs de viande et de produits de la mer ont besoin de ces enzymes en moins grande quantité pour avoir un régime équilibré, car leur processus de conversion des omega-3 et des oméga-6 est plus simple et nécessite moins d'étapes.

Cette mutation végétarienne a été observée chez 68 % des Indiens, 18 % des Américains, 53 % des Africains, 70 % des Asiatiques du Sud, 29 % des Asiatiques de l'Est, 53 % des Africains et 17 % des Européens.

Les Européens du Nord ont un long historique de consommation de lait qui leur permet de ne pas devoir augmenter leur capacité à synthétiser les acides gras, ont observé les chercheurs.

"Ces résultats pourraient nous permettre d'adapter notre alimentation pour qu'elle corresponde à notre génome", concluent les scientifiques.

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