Ebola: les fausses alertes se multiplient dans le monde

21/08/14 à 07:07 - Mise à jour à 07:07

Source: Le Vif

Le Liberia était placé sous couvre-feu à partir de mercredi face à la progression inexorable de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, qui provoque une psychose croissante à travers le monde, malgré l'absence de cas avérés hors du continent.

Ebola: les fausses alertes se multiplient dans le monde

© Reuters

Le coordinateur de l'ONU pour Ebola, le Dr David Nabarro, était attendu dans la région à partir de mercredi soir pour se rendre dans chacun des pays touchés: au Liberia, où il compte enrôler les 7.500 Casques bleus dans la lutte, puis en Sierra Leone, en Guinée et au Nigeria.

A Monrovia, capitale du Liberia, les 75.000 habitants de la banlieue de West Point se sont réveillés encerclés par un cordon de militaires et de policiers lourdement armés, à la suite du placement en quarantaine pendant la nuit du quartier, de même que Dolo Town, plus au sud.

La population de West Point a réagi par des jets de pierres et des cris de colère contre la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Quatre habitants ont été blessés par balle dans des heurts avec l'armée et la police. Les incidents ont éclaté quand des policiers sont venus évacuer une représentante de l'Etat résidant dans le quartier avec sa famille, soulevant les protestations des habitants. Après le recours à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, les soldats ont ouvert le feu, blessant quatre personnes.

Le calme est ensuite revenu dans l'après-midi mais le tension restait vive autour de West Point, où soldats et policiers étaient aux aguets.

Dans le centre de Monrovia, la plupart des magasins étaient fermés, y compris à Waterside, le plus grand marché de la capitale.

L'assaut par des jeunes pendant le week-end d'un centre d'isolement pour malades d'Ebola à West Point a augmenté le risque de nouvelles contaminations, en raison de la fuite de 17 patients, retrouvés depuis, et du pillage de draps et de matelas souillés.

Dans un discours radio-télévisé mardi soir, Mme Sirleaf a décrété à compter de mercredi "un couvre-feu de 21H00 à 06H00 du matin (locales et GMT)". La présidente a aussi ordonné "la fermeture de tous les centres de loisirs et la fermeture de tous les vidéo-clubs à partir de 18H00".

L'épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique en 1976, a fait 1.350 morts, a indiqué mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), faisant état du décès de 106 malades supplémentaires en deux jours, les 17 et 18 août.

Depuis le début de l'épidémie, l'OMS a comptabilisé 2.473 cas.

Il y a 972 cas au Liberia, dont 576 morts. En Sierra Leone, le bilan est de 907 cas, dont 374 morts. En Guinée, le bilan est de 579 cas, dont 396 morts.

Au Nigeria, 15 cas, dont quatre morts, selon l'OMS. Mardi 19 août, le ministère de la Santé du Nigeria a cependant annoncé un cinquième mort.

Le coordinateur de l'ONU, le Dr Nabarro, a indiqué qu'il se rendrait mercredi soir à Dakar pour rallier successivement Monrovia, Freetown, Conakry et Abuja, accompagné par Keiji Fukuda, un responsable de l'OMS, afin de "revitaliser le secteur de la santé" dans ces pays, mis à rude épreuve par l'épidémie.

Sur le continent, les mesures de précaution se multipliaient, aboutissant à un isolement croissant des pays concernés.

Seules trois compagnies aériennes internationales - Royal Air Maroc, Brussels Airlines et Air France - desservent encore la Sierra Leone.

La Côte d'Ivoire a annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" de l'organisation dans le pays des compétitions sportives internationales.

Dans le reste du monde, une alerte chassait l'autre, aucun cas de contamination hors d'Afrique n'ayant jusqu'à présent été identifié.

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