Des patients dans le coma depuis des années "réveillés" pendant quelques heures

03/03/14 à 11:17 - Mise à jour à 11:17

Source: Le Vif

Steven Laureys, professeur en neurologie spécialisé en coma à l'université de Liège, arrive à réveiller des patients dans le coma depuis des mois ou des années pendant quelques heures. Cependant, son expérience soulève un problème d'éthique. "Comme si on ouvrait la fenêtre pendant quelques heures et qu'on la refermait".

Des patients dans le coma depuis des années "réveillés" pendant quelques heures

© Belga

L'équipe de neurologues liégeoise a réveillé des patients dans le coma grâce à la stimulation transuranienne à courant direct (tDCS) qui consiste à stimuler les cellules du cerveau à l'aide d'un léger courant électrique. L'expérience, qui correspond aux standards scientifiques les plus sévères, a été réalisée auprès de 55 patients. 43 pour cent d'entre eux, en état de conscience minimale, ont réagi consciemment.

Après la simulation, les patients ont été soumis à une série de questions et de tests. Les scientifiques leur ont demandé de suivre quelque chose ou quelqu'un de leurs yeux, de faire de simples gestes et de répondre à des questions auxquelles seul quelqu'un de conscient peut répondre.

L'étude pourrait contribuer à établir d'une part la distinction entre les patients comateux en état végétatif qui, bien qu'ils présentent une activité cérébrale, sont inconscients et ne sentent rien et d'autre part les patients en état de conscience minimale qui ressentent les émotions et la douleur, mais qui n'arrivent plus à communiquer avec leur entourage. D'après Laureys, 40 pour cent des diagnostics sont erronés.

Selon le professeur, les comités d'éthique acceptent moins facilement l'idée de "réveiller" quelqu'un pendant quelques heures que la famille des patients. Il constate au contraire que celles-ci sont satisfaites de voir que le coma fait l'objet de recherches scientifiques. "Ils ont le sentiment que la situation est sans espoir et c'est pourquoi ils sont d'accord de collaborer. Nous leur expliquons qu'ils ne doivent pas s'attendre à revoir leur membre de famille tel qu'ils le connaissaient. C'est une étude difficile, mais l'objectif est bien évidemment d'apporter une amélioration" explique le célèbre neurologue au quotidien De Morgen.

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