Avez-vous tendance à être plutôt wickie ou plutôt sickie?

14/10/16 à 14:04 - Mise à jour à 14:04

Source: Bbc

Le 'wickie' peut aussi se définir comme le présentéisme à tout prix. Poser un jour de maladie ('sickie') n'est vraiment pas dans vos habitudes, et ce, même quand vous êtes au plus mal.

Avez-vous tendance à être plutôt wickie ou plutôt sickie?

© Getty Images/iStockphoto

Pourtant de récentes études soulignent que si vous allez travailler en étant malade, votre travail en pâtira, car vous serez plus susceptible de faire des erreurs, votre vigilance étant affaiblie. Sans compter que vous ennuierez probablement vos collègues à force de tousser et de constamment vous moucher.

A l'opposé, se trouve le travailleur qui n'hésitera pas à se plaindre du moindre petit bobo, même si il ne se sent pas vraiment mal et à prendre un jour de maladie ('sickie') sans aucun problème pour se soigner.

La plupart d'entre nous se situent entre ces deux extrêmes. Mais devant les pressions subies sur le lieu de travail, telles des louanges envers un collègue, venu travailler quand même alors qu'il "agonise" littéralement, ou un patron qui fait comprendre, de manière énergique, qu'un jour de maladie serait vraiment très mal vu, il n'est pas toujours facile de s'absenter.

Ajoutez à cela les préoccupations actuelles concernant la sécurité d'emploi et de rémunération, c'est encore moins aisé de décider à partir de quand on est suffisamment malade pour ne pas aller travailler et quand il suffit simplement de se secouer un peu. Tout un art d'arriver à déterminer cela !

La psychologie du présentéisme

Pourquoi certaines personnes se sentent obligées d'aller travailler alors qu'elles sont malades?

Pour l'Université d'East Anglia, il s'agit d'une combinaison de plusieurs facteurs : un emploi à responsabilités et particulièrement exigeant, le stress, le fait de se sentir en insécurité quant à son emploi feront que la personne ira travailler même en étant malade alors que le bon sens élémentaire lui recommanderait de rester à la maison. Et comme il n'existe pas de mesure objective, renseignant le travailleur à partir de quand il est vraiment malade et doit rester chez lui, la décision est encore plus difficile à prendre.

Gail Kinman, professeur en psychologie de la santé au travail à l'Université de Bedfordshire en Grande Bretagne, souligne : "J'ai également remarqué que les gens qui sont très impliqués dans leur travail et qui ont des tendances "workaholic" sont moins susceptibles de prendre des congés de maladie, et ce peu importe comment ils se sentent et à quel point ils sont mal".

De même que nous prenons notre patron comme "modèle" afin de savoir comment agir en cas de maladie. "Si votre patron fait preuve de présentéisme à tout prix, il va sans doute s'attendre à ce que toute l'équipe agisse de même... Et donc vous risquerez de vous montrer fort réticent à prendre un jour de maladie même si celui-ci est justifié" ajoute Kinman.

C'est pour cela que les patrons qui sont des bourreaux de travail envers eux-mêmes peuvent sembler manquer d'empathie. Si vous pensez que votre chef ne comprendrait pourquoi vous n'êtes pas présent alors que vous avez une grippe, vous serez moins susceptible de l'appeler pour lui annoncer que vous êtes malade (alors que vous devriez le faire!)

Les motivés mais pas que...

Mais selon d'autres chercheurs de l'Université d'East Anglia, il n'y a pas que les travailleurs très motivés qui iront travailler alors qu'ils sont malades. Les personnes qui se sentent sous pression et qui sont fort sollicitées par leurs collègues iront également travailler lorsqu'ils sont malades.

Les employés se sentant harcelés ou victimes de discrimination sont donc également plus anxieux au sujet de devoir demander un jour de maladie.

Retour au lit!

Vous pensez qu'il s'agit d'un simple petit rhume, que c'est l'affaire d'un jour ou deux à éternuer avec un nez qui coule, et vous voilà parti au boulot. Or même quand vous n'êtes que légèrement malade, il vaut parfois mieux rester une journée à vous reposer chez vous, plutôt que de prendre le risque d'aller travailler et que cela empire.

Michael Tam, spécialiste du personnel en médecine générale à l'hôpital Fairfield, à Sydney, conseille en général de prendre congé au début d'un mauvais rhume, surtout si vous travaillez dans une entreprise où vous serez en contact étroit avec un grand nombre de personnes (hôpitaux, accueil...).

Et même lorsque vous travaillez dans un bureau, Michael Tam donne le même conseil, car en vous confinant chez vous, vous empêchez la propagation des microbes.

Un petit mal à l'estomac ? Et si c'était une gastro-entérite avec son lot de contagion plutôt qu'une simple indigestion... Ne prenez pas de risque.

Le problème du salaire

Dans bon nombre de pays, vous êtes assuré durant un certain laps de temps d'être payé même si vous êtes absents pour maladie. Dans d'autres, tels les Etats-Unis et certains pays d'Asie, non...

Il est donc logique que, dans certains secteurs où votre salaire dépend du fait de vous présenter sur votre lieu de travail, il est plus probable que vous allez travailler même malade, selon Kinman.

C'est également le dilemme bien connu des travailleurs indépendants et des professions libérales : s'ils ne sont pas présents, ils ne seront pas payés.

(VM)

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